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COMMEMORATION
50ème anniversaire de la disparition de Léon Salagnac
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Léon Salagnac a marqué l’histoire de Malakoff notamment comme Maire de la ville durant près de 20 ans. La municipalité commémore samedi 6 décembre 2014 le 50ème anniversaire de sa disparition.

Voici retracée la biographie de Léon Salagnac issue de la base de données des députés français sur le site de l’Assemblée nationale.

Léon Salagnac est né à Treignac, en Corrèze, d’une famille d’ouvriers ruraux pauvres : son père est charretier. Apprenti charpentier à 13 ans, Léon Salagnac se syndique deux ans plus tard, encore adolescent. De son parcours scolaire, on ignore l’essentiel, même s’il fut à l’évidence écourté par l’obligation de travailler. 

Né le 6 mars 1894, Léon Salagnac partage le malheur des jeunes hommes de sa génération : il est mobilisé en août 1914 comme la majorité des garçons des classes 1914 et 1915. Il vient d’avoir vingt ans. Engagé en Argonne en 1915, il est fait prisonnier et ne rentre en France qu’après la guerre. 
De retour de captivité, il reprend son activité syndicale : il fonde la section syndicale du bâtiment de Noyon (Oise), dont il devient secrétaire, puis entre au Parti communiste. Il ne le quittera plus jusqu’à sa mort en 1964. Il y entame une carrière sans heurts apparents : il dirige le 5ème rayon de Malakoff dans les années 1930, après avoir été délégué en URSS en 1929, à l’occasion du XIIème anniversaire de la révolution d’Octobre. Ce privilège était accordé à des militants méritants et en instance de promotion au sein de la direction du PCF. En 1939, il accepte la signature du pacte germano-soviétique et demeure au sein de ce dernier.

Léon Salagnac est-il ce type de militant communiste dont la fidélité est la conséquence du fait qu’il « doit tout au parti », selon l’expression consacrée ? Sans doute, car sa constance lui vaut d’être présenté et élu conseil municipal de Malakoff aux élections municipales du 12 mai 1935. D’abord second adjoint au maire Alexis Martin, il devient premier adjoint après la mort de ce dernier le 12 mars 1938. L’appartenance au Parti communiste était d’ailleurs affaire de famille : son frère, Marcel Salagnac, avait été conseiller municipal communiste de Malakoff le 10 mai 1925. Dix ans plus tard, aux municipales de mai 1935, il s’était cependant effacé devant son frère. Sa femme elle aussi militait au Parti.

L’entrée en résistance de Léon Salagnac devait lui permettre, après la guerre, d’approfondir cette présence locale. Son appartenance non démentie au Parti lui vaut cependant dès l’automne 1939 des démêlés avec les autorités de la IIIème République. Placé en détention surveillée en décembre 1939, il est déchu de son mandat le 29 février 1940. Mais il est finalement libéré en août 1940, quelques semaines après la défaite. Cet internement ne le détourne pas de l’action politique, si bien qu’il est à nouveau arrêté le 25 janvier 1941 par les autorités de Vichy cette fois, sous l’accusation de distribution de tracts, et placé à la Santé. Il est ensuite transféré et interné à Aincourt le 21 avril 1941, puis à Rouillé le 6 septembre 1941. C’est là qu’il parvient à s’échapper le 3 mars 1942. Sa femme elle aussi avait été inquiétée en mai 1941. 

Après son évasion, Léon Salagnac rejoint la résistance communiste dans la région parisienne, où il occupe des responsabilités locales politiques et syndicales. Ces responsabilités lui permettent, en 1944, d’être désigné à la tête du Comité de Libération de Malakoff. Origines populaires, ancrage local et syndical, pedigree résistant : Léon Salagnac remplit alors les conditions du succès politique et électoral communiste dans la France d’après-guerre.

Conseiller général dès 1945, il est élu maire de Malakoff dès avril 1945, puis réélu continûment en octobre 1947, janvier 1948, avril 1953 et mars 1959. A cette date, Malakoff est partagé en deux cantons différents : une partie est rattachée à Châtillon, l’autre à Vanves. Ce redécoupage de la carte électorale n’interdit pas à Léon Salagnac ni à Léo Figuères d’être élus tous deux conseillers généraux de la Seine. 
Ce n’est qu’après la chute de la IVème République qu’il accède à des fonctions parlementaires. Elu communiste typique, il affronte lors des élections du 23 et du 30 novembre 1958 le candidat UNR Eugène Plazanet, sénateur-maire de Vanves. Malgré une confortable avance au premier tour, puisqu’il fait le plein des voix communistes - 17 389 voix sur 68 139 inscrits et 55 037 votants (31,6%), contre le candidat gaulliste qui n’en rassemble que 12 589, il est sèchement battu au second tour par 19 642 voix (36,1% des votants) contre 27 514 suffrages au même Plazanet (50,6%). Défaite surprenante : la liste communiste, sous la IVe République, était toute puissante dans cette partie de la banlieue parisienne. En fait, le maintien au second tour de 1958 du candidat socialiste Alfred Sevestre, lui-même boulanger, conseiller général et adjoint au maire d’Issy-les-Moulineaux, qui remporte 6 581 suffrages, et la multiplication des petits candidats dont les 17 000 voix réparties entre sept d’entre eux se reportent sur le candidat gaulliste dans le cadre d’un large front anti-communiste, ont joué à l’évidence contre la candidature Salagnac. 

La configuration politique de 1962 est nettement plus favorable à ce dernier. La division des socialistes entre un candidat PSU et un candidat SFIO qui rassemblent respectivement 3 140 et 3 355 voix les écartent du second tour. L’affrontement direct entre Plazanet et Salagnac se conclut alors au bénéfice du second : il est élu par 25 385 voix (49% des votants) contre 24 003 (46,3%) à son adversaire le 25 novembre. Les résultats du premier tour étaient certes prometteurs : Salagnac avait déjà rassemblé le 18 novembre 19 128 suffrages contre 17 768 au candidat gaulliste. Mais l’union anti-communiste est déjouée par l’unité de fait à gauche. 

Léon Salagnac entre donc comme député de la 55ème circonscription de la Seine à l’Assemblée nationale en décembre 1962. Dans sa profession de foi, il avait ouvertement reproché à son adversaire son inaction parlementaire. Mais ses propres fonctions politiques, locales et syndicales semblent également l’accaparer. Il intervient peu, en effet, au cours de son mandat, écourté il est vrai par sa mort prématurée le 11 décembre 1964. 
Léon Salagnac, inscrit au groupe communiste, est membre de la commission de la production et des échanges de 1962 à 1964. C’est à ce double titre qu’il prend part aux discussions de plusieurs projets de loi et de loi de finances amenés devant la Chambre. Le 27 décembre 1962, il critique le contenu de la convention internationale de coopération pour la sécurité de la navigation aérienne, en instance de ratification : il craint l’inflation des prix du transport et des redevances exigées qui incomberaient aux usagers. Il prête ensuite une attention particulière aux questions financières, où il ne manque jamais d’évoquer la situation de sa banlieue de la « ceinture rouge ». Le 9 janvier 1963, lors de la discussion de la loi de finances de 1963, il insiste sur la politique et les scandales immobiliers en région parisienne et réclame des mesures contre l’augmentation des loyers. Lors de la discussion de la loi rectificative de cette même loi de finances, comme lors de la discussion de la loi de finances de 1964, il revient sur la question des loyers et les abus des promoteurs. Il adhère ainsi à certaines préoccupations majeures de ses administrés.

Interrompu par son décès le 11 décembre 1964, le mandat de Léon Salagnac est court. C’est plutôt comme maire de Malakoff que son souvenir demeure. Le parc voisin du stade Marcel-Cerdan, aménagé en 1951, reçoit ainsi son nom et se voit pourvu d’une stèle en sa mémoire. Cet hommage rendu à cet élu populaire, pêcheur émérite qui exerçait sa passion à Fulvy (Yonne), en bord du canal de Bourgogne, où se trouve le centre de vacances de la ville de Malakoff, couronnait une carrière militante communiste typique.

Voir le programme des commémorations sur le site de la ville

 



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