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MALAKOFF PATRIMOINE
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BAS-RELIEF (1941)
Le tympan de l’entrée de l’église de Malakoff
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Aucun mur extérieur de l’église paroissiale de Malakoff ne comportait de décoration depuis la construction en 1861. Aucun programme iconographique n’était prévu pour embellir la façade du bâtiment pourtant très sobre. En 1941, l’initiative du nouveau curé va permettre une création originale sur le tympan de la porte d’entrée, une œuvre d’un sculpteur réputé, Alexandre Descatoire qui a son atelier avenue du Maine à Paris.

Dans une période malmenée par la guerre, l’état de la façade de l’église Notre-Dame de la Nativité se trouvait dans « un état misérable et peu digne d’une ville comme Malakoff » selon l’expression du nouveau curé de la paroisse, l’abbé Amy (1937-1942).

Le 15 mars 1941, il adresse au Président de la Délégation Spéciale imposée par le gouvernement de Pétain (maire et Conseil municipal ont été dissous), une demande d’autorisation pour effectuer des travaux de ravalement et pour placer un bas-relief au-dessus de la porte d’entrée de l’église pour l’embellir, le tout aux frais de la paroisse.

Il propose, dessin à l’appui, l’exécution du bas-relief par Alexandre Descatoire, sculpteur de grande renommée, deuxième grand-prix de Rome en 1902 et élu membre de l’Académie des Beaux-Arts en 1939 (1). L’autorisation sera donnée et le bas-relief exécuté et placé sur le tympan de la porte d’entrée de l’église.

Une oeuvre bien référencée

En 1930, lors du centenaire des apparitions de la médaille miraculeuse à la sainte catholique Soeur Catherine Labouré, l’abbé Bombardier demande au Cardinal Verdier que l’église soit dorénavant placée sous le patronage de la médaille miraculeuse, objet d’un culte important au couvent de la rue du Bac à Paris. Jusqu’à cette date l’église avait le vocable à Notre-Dame de la Nativité donné lors de sa consécration par le Cardinal Archevêque de Paris, le Cardinal Dubois le 8 septembre 1863, jour de la fête annuelle de la nativité de la Vierge Marie, mais aussi date de la prise de la Tour Malakoff à Sébastopol en Crimée le 8 septembre 1855 (2)

Le sculpteur Alexandre Descatoire suite à la commande de l’Abbé Amy en 1941, tient donc compte dans son oeuvre de ce nouveau patronage et s’inspire des déclarations de la sainte catholique Catherine Labouré à qui la Vierge serait apparue en 1830 dans la chapelle de son couvent : « La Vierge tenait dans ses mains un globe doré surmonté d’une petite croix qu’elle offre dans un environnement de rayons d’or... »

L’artiste reprend ces symboles pour son bas-relief en plaçant une statue de la Vierge en calcaire blanc tenant dans ses mains un globe surmonté d’une croix. Il la place dans une mandorle ovale décorée d’une mosaïque en pâte de verre bleu, rouge et doré.

En fait, l’oeuvre reprend les éléments classiques de l’architecture religieuse présents sur les tympans des églises romanes et gothiques qui place le Christ ou la Vierge Marie dans une mandorle, fresque géométrique hautement symbolique de deux cercles qui évoque la sphère céleste.

Placée sur le tympan d’une église, la représentation dans une mandorle de forme ovale du Christ ou de la Vierge, révèle le symbolisme du passage de l’extérieur de l’église à l’intérieur, et préfigure pour les croyants catholiques le passage des vivants du monde terrestre au monde céleste habité par Dieu. La mandorle est toujours utilisée pour exprimer un passage et une porte.

Ainsi, le modeste bas-relief d’Alexandre Descatoire qui souligne l’entrée de l’église de Malakoff est particulièrement chargé de symboles. A admirer avec un nouvel oeil !

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 1) Alexandre Descatoire est un sculpteur français né à Douai le 22 août 1874 et décédé à Marquette-les-Lille le 17 mars 1949. On lui doit de nombreuses sculptures, des oeuvres commémoratives, des bustes de personnages célèbres, des peintures et des aquarelles notamment sur la Bretagne. Il a obtenu durant sa carrière de nombreuses récompenses et des prix prestigieux. Il a été élu à l’Académie des Beaux Arts de Paris en 1939.

2)L’église a repris le patronage primitif par décret de l’Evêque du diocèse de Nanterre le 22 mai 2011.



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