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MALAKOFF PATRIMOINE
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MAISON DE QUARTIER HENRI BARBUSSE
La fresque de l’anecdote de la Révolution Humaine (1976)
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Placé sur le mur sud de la Maison de quartier Henri Barbusse la fresque intitulée « Anecdote de la Révolution Humaine » est de l’artiste Chilien Le Condor, réfugié politique Chilien arrivé en France en 1962. Inaugurée en 1976, cette fresque militante a été exécutée par l’Atelier Neruda. Avec plus de 40 ans d’existence, l’oeuvre murale peut paraître obscure et mérite donc d’être décryptée pour comprendre le message. Car il s’agit bien d’une oeuvre peinte militante bien ancrée dans son époque et le discours politique de gauche des années 1970.

La fresque murale du Condor mesure 12 mètres de long par 8 mètres de hauteur et prend toute la surface du pignon du bâtiment avec ses contraintes liées à plusieurs ouvertures. L’école artistique à laquelle se référait le Condor est celle de « l’art révolution ».

L’oeuvre est divisée en deux parties : une chaîne de médaillons en trompe l’oeil et un homme qui se multiplie à l’infini et semble bondir vers l’avenir. La chaîne de médaillons, qui est la clé de l’explication du message, constitue l’anecdote des techniques et des rapports sociaux. L’ouverture d’une porte sur le côté gauche bien après la conception de l’oeuvre ampute en partie les trois premiers médaillons, ce qui ne facilite pas la compréhension de la fresque.

La vision marxiste du Condor (1) s’exprime dans les médaillons qui décrivent les rapports sociaux médiévaux et la description de la révolution technique moderne. Chaque médaillon constitue ainsi une figuration symbolique. Le moulin à vent (désormais peu lisible) c’est le seigneur propriétaire des champs et des moulins. Des hommes portent des sacs de grains, les gros sont pour le seigneur, le petit pour eux. Suivent les galériens, les esclaves... L’homme qui lit est le serf qui commence à prendre conscience de son sort. La révolution Française est symbolisée par une corde tressée du Club des Cordeliers (2). Puis c’est le rappel de la Commune de Paris. Suivent avec le chiffre 50 un hommage au cinquantième anniversaire de la Municipalité ouvrière de Malakoff, le symbole de la patrie et de la révolution technique. . Les médaillons de droite figurent dès lors les énergies modernes. Les ondes d’abord avec les radars et les sonars, utilisés pacifiquement pour la pêche. Le médaillon hommage à Paul Langevin (3). Se succèdent toujours vers la droite la pétrochimie, l’atome, les voyages spatiaux, l’informatique et la cybernétique.

L’ensemble des médaillons révèle une constante dans le discours pictural du Condor : l’utilisation des techniques est politiquement symbolisée par la lettre A, trois fois répétées : Asie, Amérique, Afrique. Par sa fresque peinte sur le mur de la Maison de quartier (à l’époque la MJC) le Condor voulait disait-il « exprimer son espoir dans la potentialité des peuples à transformer le monde, quoi qu’il en coûte ».

La fresque qui était fortement dégradée au fil des années et sous l’effet des intempéries, à d’abord été restaurée en 2006 par le Condor lui-même. Son décès stoppe son travail de restauration. En octobre 2007 un jeune peintre de Malakoff qui a depuis fait son chemin, Julien Kasther, diplômé de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, achève la restauration et rend l’éclat à la fresque murale toujours bien visible aujourd’hui.

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Sources : l’hebdomadaire L’Aube Nouvelle N° 405

1) Le Condor, nom d’artiste de Camilo Hernandez. D’abord ouvrier dans l’imprimerie de son père à Santiago, puis journaliste, il peignait aussi beaucoup et faisait partie d’un groupe d’artiste qui exposait en dehors du Chili. Lorsqu’il viendra à Paris pour fuir la dictature de Pinochet ses amis peintres latino-américains l’aideront à exposer dans toute l’Europe. Il réalisera de nombreuses oeuvres pour les municipalités ouvrières de la région parisienne., dont deux à Malakoff.

2) Le Club des Cordeliers ou Société des Amis des droits de l’homme et du citoyen, société politique fondée le 27 avril 1790 et domicilié dans l’ancien couvent des Cordeliers, moines franciscains qui portaient une simple corde en guise de ceinture.

3) Paul Langevin : physicien, philosophe des sciences et pédagogue français, homme de gauche et militant pacifique et antifasciste et l’inventeur de l’ancêtre du sonar dont fait référence l’un des médaillons de la fresque. Il croyait dans le pouvoir de la science et de la raison pour apporter une existence plus juste et plus heureuses aux humains.



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