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Le manège de la place du 14 juillet, de Isaac Antcher (1950)
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Le peintre Isaac Antcher (1899-1992) a résidé de nombreuses années à Malakoff place du 14 juillet Dans son atelier il a réalisé de nombreuses oeuvres dont trois restituent un aspect de la ville. Le plus connu peint en 1950 est « Le manège » que l’artiste pouvait apercevoir sur un coin de la place du 6ème étage de son appartement. Cette petite toile colorée est d’une riche sensibilité aux détails et à l’espace. Le « Manège » à été offert à la ville de Malakoff. Il orne désormais le bureau de la Maire à l’Hôtel de Ville.

Marc Restillini petit fils d’Isaac Antcher, ancien fondateur-directeur de la Pinacothèque de Paris, se souvient très bien de ce manège posé périodiquement sur l’extrémité de la place du 14 juillet : « Le manège de Malakoff qui a servi de modèle a l’un des tableaux de mon grand-père, je m’en souviens très bien. C’est une partie de mon enfance. J’allais sur ce manège lorsque je venais voir mes grands-parents dans l’immeuble de brique sur la place... Il a aussi peint au moins deux autres tableaux « Vues de Malakoff » restituant les toits de Malakoff aperçus de son appartement. Ils sont toujours conservés par ma famille... »

 

Photo ; Séverine Fernandes, Archives Municipales de Malakoff 

Marc Restellini, grand spécialiste du peintre Modigliani et organisateur durant de nombreuses années de grandes expositions et fier de ce grand-père qui a su créer un art personnel et profond, il a retracé le parcours peu banal de cet artiste juif dans le catalogue de l’une des expositions organisées à la Pinacothèque en 2012.

« Isaac Antcher est né le 21 janvier 1899 à Peresecina, un bourg de Bassarabie, en Russie, dans une modeste famille d’artisans Juifs. Grâce à sa soeur Léa, de six ans son aînée, il acquiert une sensibilité à l’art et à la peinture russe et italienne. En mai 1920 il quitte la Russie pour rejoindre un temps son frère dans le Pas-de-Calais en France. Pour subsister il travaille comme manoeuvre, transporteur, mineur avant d’arriver à Paris. Dans la misère, il n’y reste pas longtemps, et
en 1921 il décide de partir en Palestine où il vivra une vie de bohème.

En 1924 il revient à Paris. Il s’inscrit alors à différents cours de peinture et de dessin tout en exerçant des métiers difficiles pour vivre. Il s’inscrit notamment à l’académie de la Grande Chaumière dans le quartier Montparnasse, un lieu mythique dédié à la peinture, au dessin, au modelage et au modèle vivant. Il prend des cours du soir chez le sculpteur Henri Arnault qui lui enseigne le dessin et lui prodigue conseils et encouragements... Il devient membre de la fameuse Ecole de Paris qui rassemble des artistes qui contribuent à faire de Paris un foyer de création artistique et qui se sont pour la plupart installés dans le quartier Montparnasse.

Mais finalement c’est au Louvre qu’il se forme une conception de l’art à laquelle il restera toujours fidèle.Il est fasciné par Rembrandt. Il admire également les primitifs italiens, Giotto, Fra Angelino. Il aime les impressionnistes : Pissaro, Sisley et Cézanne. C’est à cette époque qu’il exécute ses premières natures mortes, autoportraits et paysages.

Il se marie en 1926 et expose pour la première fois au Salon d’Automne. Durant trois années, les Salons d’Automne et des Tuileries accueilleront ses peintures. Pendant plusieurs années, il peint régulièrement et partage son temps entre travaux de nécessité et le chevalet... »

Une longue période à Malakoff

Lorsque la guerre éclate en 1939, il s’engage comme volontaire. Démobilisé à Montpellier où sa famille vient de le rejoindre après avoir fuit la zone occupée, il va se réfugier entre 1940 et 1942 en zone italienne ou il expose à trois reprises. Mais en 1943 il doit se réfugier en Suisse où il est interné comme beaucoup de juifs dans un camps de travail où il continue à peindre durant ses moments libres.

Après la guerre il retrouve à Paris son atelier vidé par la spoliation des juifs à grande échelle. Il revient habiter Malakoff dans le HBN de la place du 14 juillet, une ville déjà connu par lui pur y avoir vécu un temps vers les années1935. Il reprend son activité artistique et ses expositions jusqu’en 1969, dont l’une organisée par le Centre Culturel de Malakoff en 1968. « Cette nouvelle période se caractérise par l’importance accordée aux grands motifs de paysages indique Marcs Restellini. Il est frappée en 1968 d’une hémiplégie qui le laisse handicapé de sa main droite. Mais avec acharnement il retrouve l’usage de sa main. Même s’il a perdu de sa précision, sa peinture rajeunit et devient dès lors plus colorée et les tons plus vifs. Il peint essentiellement la nature et la forêt ».

Isaac Antcher décède à Malakoff le 21 avril 1992 à l’âge de 93 ans.. Ses oeuvres ont aujourd’hui une belle côte.

 

Sources : extraits du catalogue de l’exposition Modigliani/Soutine à la Pinacothèque, (2012)/Entretien avec Marc Restellini, (2014). Photo Séverine Fernandes : Isaac Antcher-Archives municipales de Malakoff »

Photos : Archives Municipales de Malakoff


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