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RUE DE LA TOUR
"L’évasion", la fresque de l’artiste de Malakoff Théobalt Jacus
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Une fresque murale peinte est en place dans le hall de l’immeuble HLM rue de la Tour depuis plus de quarante ans « L’évasion ». L’auteur est un grand artiste contemporain qui n’arrête pas de peindre depuis plus de 70 ans : Jean Théobalt Jacus. Une bonne partie de sa production, dont la fresque murale, a été réalisée dans son atelier d’artiste rue de la Tour à Malakoff.

Pourquoi Jean Théobalt Jacus s’est-il’installé à Malakoff ? :« En 1971, je cherchais un atelier pour artiste. Dans mon petit logement de l’époque, il était impossible de travailler correctement. Un jour, en me promenant en vélo dans les rues de Malakoff, quelque chose m’a conduit, je ne sais pas pourquoi, à me diriger vers la rue de La Tour, où un grand immeuble avec des ateliers d’artistes étaient en construction. Quand on est peintre, on a un radar pour ça. J’ai fait une demande, et quelques mois plus tard, j’ai obtenu mon logement-atelier, au dernier étage de l’immeuble...

C’est le directeur de l’OPHLM en 1977 qui m’a demandé de mettre de la couleur dans le hall d’entrée ou se trouve mon atelier d’artiste. J’ai donc peint une petite fresque en trois morceaux s’intégrant ensemble. Cette proposition m’a tout de suite plus, car pour moi la peinture c’est proposer une autre façon de regarder les choses de la vie. Etre dans un hall, ça m’a plus, c’est de la communication... 

Pour donner du mouvement à la fresque placée dans un lieu de passage j’ai voulu signifier la course vers un autre espace, une vie nouvelle au-delà de la rigueur de l’existence, en fait, emmener les gens quelque part. On peut donc l’intituler « l’évasion », la promenade, l’ailleurs. Dans les années 1970 j’ai peint beaucoup de toiles de ce genre avec des couleurs claires et dynamiques. J’y ai placé des formes de femmes qui courent au-delà des nuages ainsi que le vol plusieurs fois répétés de l’oiseau qui domine un paysage abstrait, symbole du voyage. Et puis, j’y ai placé une toile ronde. Je me suis toujours senti à l’aise dans le rond ».

A l’occasion de l’une de ses nombreuses expositions Jacus expliquait d’où venait peut-être l’emploi de cette expression artistique dans le rond : « Un jour on m’a commandé des projets d’assiettes de collection. Leurs rondeurs m’ont séduit et ce projet me donnait un nouvel espace de liberté... Le rond c’est l’origine de la vie , la forme ronde n’a pas de fin, elle est initiale, démesurée, elle se prolonge dans l’espace..c’est une forme porteuse du monde imaginaire... »Jacus en usera à tout va. Ses peintures sur une toile circulaire ne se comptent plus.

Le module rond de la fresque « L’évasion » qui s’enchâsse dans la frise supérieure apporte à l’ensemble de la composition une vraie originalité, une sorte d’allégorie qui mêle à la fois des traînées de couleurs, des corps élancés de jeunes femmes, des oiseaux blancs qui partent vers l’infini. Les coloris sont radieux, les formes fluides comme des reflets en lignes ondulantes. Jacus offre ici un espace ou, esprit, terre et poésie ne sont plus séparés reproduisant ainsi un type d’univers élémentaire et sans âge. Pour les connaisseurs, l’interprétation personnelle de cet univers permet de reconnaître l’artiste, tout comme la forme sphérique qu’il utilise souvent comme support.

Jacus, un artiste du monde et du rêve

« La vie d’un peintre est une aventure et chaque tableau est une aventure a souvent écrit Jacus. Je suis donc un aventurier consentant qui a survécu avec étonnement car la liberté et la curiosité se payent. Mais quelle chance de vivre de sa passion... » En 2020, même si le grand âge lui pèse, Jacus continue de peindre notamment pour une prochaine exposition sur les arbres.

La peinture de Jacus est vaste et riche, comme son parcours. Tout au long de sa vie il a été un touche à tout. Jean Théobalt Jacus est né à Paris en 1924. Elève des Beaux-Arts de Reims et de Paris, Elève du maître Hollandais de Montparnasse Conrad Kickert. Il devient aussi professeur de dessin et de peinture à l’Académie des Beaux-Arts de Paris, puis professeur d’Art Graphique et directeur d’enseignement à l’école Esmod International.

Ses nombreux voyages et séjours à l’étranger ont forgé son imaginaire et son style. Il peint dès lors la pluralité des mondes de ces cinquante dernières années qui font de Jacus un peintre témoin de notre temps. Les caractéristiques avant-gardistes de sa palette lui valent également beaucoup de commandes de grandes sociétés industrielles et commerciales : Total, Esso, Fulmen, Hutchinson, Snecma, France Télécom, Schlumberger, Creusot-Loire, SNCF, Pernod-Ricard... Il restitue sur la toile les villes tentaculaires, les usines et les sites industriels. Il réussit ainsi à embellir les Tours de la Défense, l’échangeur de Bagnolet, la forêt des caténaires de la gare Montparnasse, une raffinerie de pétrole ou un navire en cale sèche..Bref, un monde de grandes surfaces concret.

On fait appel à lui pour illustrer des cartes de voeux ou des cartons d’invitation a de grand évènements comme l’inauguration du TGV Atlantique en 1981.

En 1987 il devient « Peintre de l’air » l’un des artistes sélectionné pour sa passion pour l’aéronautique et l’espace. De nombreuses toiles porteront son regard sur ce monde du ciel.

Jacus est aussi illustrateur d’oeuvres littéraires dont la plus connue est « L’écume des jours » de Boris Vian (1947)

La liste des prix et récompenses obtenus pour son talent en France et dans le monde est impressionnante tout comme le nombre des expositions.

Sources : Entretien avec Jacus (2020). PressBook de l’artiste. 


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