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DEUXIEME PEINTURE MURALE
L’oeuvre de 1942, une commande encadrée par le régime pétainiste
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La restauration intérieure de l’ensemble du bâtiment de l’ancienne bibliothèque et Justice de Paix 8 avenue du Président Wilson a fait sortir de l’ombre la frise peinte horizontale de 53 m3 qui était masquée derrière une cloison depuis cinquante ans. Due au peintre Roubaisien Paul Alex Deschmacker elle comprend deux grands types d’iconographie : symbolisme de la justice et scènes du réel. Au-delà de son caractère esthétique et ornemental l’oeuvre réalisée sous le régime pétainiste demande d’en comprendre le contexte et le sens symbolique et politique.

L’actuelle peinture murale de la salle de Justice de Paix datée de 1942 fut l’objet d’une procédure de réalisation particulière en pleine période d’occupation et de collaboration.

Le régime de Vichy avait crée par la loi du 23 février 1941 une Délégation Générale à l’Equipement National chargée de mettre en œuvre une planification de l’économie par l’Etat, ayant rang de Secrétariat d’Etat. Il comprenait un Commissariat à la lutte contre le chômage au sein duquel fonctionnait le service des travaux artistiques. C’est ce service qui autorisa la réalisation d’une nouvelle peinture murale dans la salle de Justice de Paix de Malakoff et qui en fixa dans un contrat les conditions d’exécution et de financement. 

La signature de ce contrat dû satisfaire Georges Guillet Président de la Délégation spéciale remplissant les fonctions de Maire de Malakoff puisqu’il souhaitait ardemment le remplacement de la peinture d’origine. Dans une lettre à son cher ami le directeur du Service des travaux artistiques de la Seine il déclare que « celle qui dépare actuellement cette belle salle est à faire disparaître et serait reconnaissant de désigner un véritable artiste susceptible d’en composer et d’en exécuter une nouvelle... » (1)

Le contrat fut signé le 8 octobre 1941 pour « une décoration picturale dont le sujet est emprunté à la Justice, exécuté à l’huile sur toile marouflée par monsieur Deschmacker, désigné comme maître d’oeuvre par le Commissariat, et assisté d’un certain nombre de collaborateurs... ». Les frais d’exécution furent supportés par le Commissariat pour les dépenses d’ordre artistique et par la ville de Malakoff pour les frais d’ordre matériel.

On ne toucha pas à la physionomie de la salle qui resta en l’état avec son plafonnier, la mosaïque du sol, le mobilier et les boiseries.

1) Archives Municipales B1, contrat 926/5

Photo : Archives Municipales


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