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1916 UN ATELIER TRES UTILE
Les thermomètres du fort de Vanves
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Les thermomètres médicaux d’un usage courant avant la première guerre mondiale étaient fabriqués en Allemagne. Quelques modèles avaient bien été créés en France, mais les prix de revient ne permettaient pas de lutter contre l’article allemand. Pour l’époque et dans un contexte de guerre la formation du personnel et l’industrialisation de la fabrication demandaient par ailleurs de gros efforts et de l’argent. On se désintéressa donc de ce produit. Mais avec la pénurie de thermomètres pendant la guerre de 1914-1918, on se décida à envisager une production française. Le premier atelier fut crée dans un bastion du fort de Vanves en 1916.


Avec les terribles conséquences du conflit et les questions sanitaires, le nombre impressionnant des blessés, la durée non prévue de la guerre, se procurer des thermomètres devint un vrai problème pour les services sanitaires de l’armée. La France commença alors par acheter tous les stocks disponibles sur le territoire. Ils furent rapidement épuisés. On se tourna alors vers la Suisse, la Grande-Bretagne et les USA. Mais les services de santé furent très vite préoccupés par la qualité moyenne et le coût des lots achetés à l’étranger. La pharmacie centrale des armées eut parfois à éliminer jusqu’à 80% des lots jugés inacceptables ou dangereux.

Le service pharmaceutique de l’armée fut complètement réorganisé en 1915 et c’est le sous-secrétaire d’Etat du service de santé au ministère de la guerre Justin Godart qui chargea le pharmacien principal Pellerin, attaché du sous-secrétariat de mener une étude en vue de la création d’un atelier de thermomètres médicaux.
 
DES RECHERCHES POURTANT AVANCEES EN FRANCE
 
Rien en fait ne pouvait du point de vue technique s’opposer à la création d’un tel atelier. En effet, après avoir mis au point la fabrication de vases à air liquide et les bouteilles à double enveloppe isolante, il était déjà possible avant la guerre de s’attaquer en France à une autre branche de l’industrie du verre et à la fabrication des thermomètres médicaux. Mais les fabricants de souffleurs de verre ne connaissaient qu’imparfaitement la construction de modèles et surtout la production en grande quantité à un prix permettant de rivaliser avec l’industrie étrangère.
La première préoccupation fut d’abord la fabrication d’un verre spécial à très faible dilatation pour éviter le déplacement des points de réglages. Puis de respecter la forme de la tige émaillée permettant la lisibilité de la colonne mercurielle et enfin, la production d’un verre méplat (surface plane sur une pièce cylindrique) pour avoir un instrument plus pratique à l’emploi.
Ces différentes réalisations techniques furent mises au point par la verrerie René Martin à Saint-Denis. Il fallu ensuite chercher à diviser le travail qui comprenait une douzaine d’opérations différentes.
 
LE FORT DE VANVES, LABORATOIRE ET LIEU DE PRODUCTION
 
A la demande du sous-secrétaire d’Etat Justin Godart, le pharmacien Trimbach organisa un atelier dans un bastion du fort de Vanves qui devint rapidement un atelier moderne, bien outillé et doté d’un matériel adapté.
Au début, l’atelier du fort de Vanves utilisa des prisonniers allemands, spécialistes de la fabrication de thermomètres dans leur pays. Par la suite des hommes et des femmes françaises furent formés à ce travail, l’objectif étant aussi d’avoir un personnel qualifié pour l’après-guerre. Par la suite, cet atelier servira de centre de formation professionnelle et permettra la création de nouveaux ateliers dirigés par d’anciens élèves.
Pour protéger cette nouvelle industrie démarrée au fort de Vanves une loi a rendu obligatoire la vérification préalable à la vente de tout thermomètre médical. Un décret du 3 mars 1919 fixa les conditions de cette vérification par le laboratoire d’essais du conservatoire national des arts et métiers.
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Sources :
-Bulletin de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale. Communication de Mr Berlemont, Président de la Chambre syndicale des fabricants souffleurs de verre (2ème semestre 1916, Juillet-Août, N° ; 11).
-Christophe Levy, thèse pour le diplôme d’Etat en pharmacie, Université Clermont 1 (1998)

 


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