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MALAKOFF PATRIMOINE
SOMMAIRE :
Les activités

Un territoire


Le bâti


Le sacré


CENTRE MUNICIPAL DE SANTE MAURICE TENINE
75 ans d’activités au Centre Municipal de Santé
Chronologie 1925-2014

Le dispensaire municipal devenu centre de santé en 1945 est un lieu à Malakoff entièrement dédié à une médecine de qualité et de proximité qui ne s’est pas démentie depuis 75 ans. Les services et spécialités qui se sont succédés dans des locaux adaptés en permanence pour une médecine solidaire racontent une histoire qui s’inscrit dans des valeurs et une politique locale de santé pour tous. Regard sur ces années au service des usagers de la ville.

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Le dispensaire municipal devenu centre de santé en 1945 est un lieu à Malakoff entièrement dédié à une médecine de qualité et de proximité qui ne s’est pas démentie depuis 75 ans. Les services et spécialités qui se sont succédés dans des locaux adaptés en permanence pour une médecine solidaire racontent une histoire qui s’inscrit dans des valeurs et une politique locale de santé pour tous. Regard sur ces années au service des usagers de la ville.

1925 : Premier dispensaire aménagé provisoirement dans l’ancien séchoir de la crèche implanté avenue du Président Wilson depuis 1907

1933  : le dispensaire de la crèche est devenu insuffisant. Le Conseil municipal décide la réalisation d’un nouveau dispensaire comme l’a définit la Conférence européenne de Budapest en 1931 « une institution qui rassemble dans un même bâtiment la totalité de l’oeuvre d’hygiène et les organismes de protection et d’assistance sociale, de santé publique et d’éducation de la population.. »

1934 : achat par la ville de Malakoff à la société des parfums Gueldy d’un terrain situé à l’angle de l’avenue Pierre Larousse et de la rue Louis Blanc pour y construire un dispensaire municipal « pour lutter efficacement contre les fléaux sociaux et la protection de l’enfance ».

A l’époque deux fléaux sont encore mal soignés : la tuberculose et la syphilis. De surcroit il n’existe pas de tarifs conventionnés pour les médecins de ville.

Création d’un emploi de médecin-chef chargé des services d’assistance et de consultations médicales.

Les premiers plans sont dressés par l’architecte communal Armand Guérard.

1935 : Avancements des procédures pour la création du dispensaire sans autorisation ni subventions. Armand Guérard fait évoluer ses plans en tenant compte des prescriptions de l’Office public d’hygiène sociale départemental

1936 : Mademoiselle Dard devient la directrice du dispensaire.

Léon Piginnier maire de Malakoff (1925-1939) sollicite l’aide du ministre de la santé publique Henri Sellier(SFIO) figure marquante de l’urbanisme français et de son conseiller le docteur Robert Henri Hazemann de l’Office départemental qui feront évoluer le projet et les plans du bâtiment.

1937 : la ville obtient des subventions calculées sur les devis

1938 : le 30 mars début des travaux. Ils avancent rapidement. Armand Guérard en cours de construction modifie ses plans pour créer une salle de gymnastique médicale dans un étage supplémentaire ouvert sur la terrasse et agrandit les salles d’attente.

Les mouvements de grève et la grève générale du 10 novembre 1938 retardent les travaux

1939 : le bâtiment forme un espace utilitaire de 1150m2. Les maçonneries en briques et béton sont terminées, le bâtiment est couvert, les huisseries métalliques à guillotine qui permettent de régler facilement la ventilation sont posées, les revêtements extérieurs de carreaux morcelés sont terminés. La mobilisation générale le samedi 2 septembre pour tous les hommes valides de 20 à 48 ans empêche l’ouverture au public.

1940-1941 : travaux conservatoires dirigés par Armand Guérard.

1942 : Achèvement du second oeuvre. Le dispensaire est partiellement en service avec une petite équipe et porte le nom sur sa façade de « Maison de l’assistance, dispensaire municipal ». C’est l’occupation allemande, le bâtiment est réquisitionné pour abriter le « Secours national » placé sous la haute autorité du maréchal Pétain et le service du ravitaillement.

1943 : La délégation spéciale ne se préoccupe pas de l’aménagement du centre et refuse tout crédit.

1944 : Le Centre assure un service minimum gère déjà 800 dossiers de patients

1945 : le 2 janvier le dispensaire ouvre officiellement au public sous la direction de Madame Pinton et du Docteur Seillon, médecin-chef. Les besoins sont nombreux après les années de guerre.

Un service dentaire, des soins infirmiers à domicile, des consultations de gynécologie et de dermatologie sont crées.

Toujours préoccupé par la santé des petits, le dispensaire propose aux enfants fragilisés par la période d’occupation des cours de gymnastique corrective pour remédier aux scolioses. Une partie du second étage est occupé par une plage aux rayons bleus où les enfants viennent s’exposer aux UV pour traiter leur rachitisme.

Le centre récupère un appareil de radiologie utilisé au Fort de Vanves par les Allemands durant l’occupation. Il sera installé au premier étage.

Mise en place de consultations de phtisiologie avec selon la pratique du moment une insufflation des poumons pour les nobreux malades tuberculeux.

1946 : le dispensaire devient Centre Municipal de Santé et prend le nom de Maurice Ténine, en hommage à ce médecin résistant fusillé aux côtés de Guy Moquet par les nazis en 1944. Une plaque est inaugurée dans le hall d’accueil.

Le maire de Malakoff Léon Salagnac, préoccupé par les conditions de retour des prisonniers de guerre et des déportés demande au centre d’assurer un suivi radiologique de ces personnes.

1947 : le dispensaire se développe rapidement. 6500 dossiers de patients. L’accueil est organisé en trois guichets dédiés par noms alphabétiques.

1949 : En octobre, création du service social. Arrivée de la première assistante sociale au centre en complément des AS municipales et départementales. Madame Lucienne Lamblin assistante sociale accompagne les usagers du centre pour l’ouverture de leurs nouveaux droits à la Sécurité Sociale, le placement des enfants, les droits à la retraite, les séjours en sanatorium, préventorium et aérium...

1950 : création du laboratoire de biologie médicale par le professeur Christol. Le personnel doit s’adapter aux mutations techniques et scientifiques.

1953 : Pour le nouveau secteur de psychiatrie, création d’un deuxième poste d’assistante sociale avec madame Jacqueline Grave

1954  : acquisition d’un appareillage moderne et puissant de radiologie

1955  : L’architecte communal qui a pris la suite d’Armand Guérard décédé en 1950, Gaston Levillageois, son neveu et collaborateur agrandit le bâtiment. Création et aménagement d’un laboratoire moderne d’analyses médicales par le Professeur Christol.

1956  : transformation du deuxième étage en service de rhumatologie, ensemble physiothérapie, discipline au niveau de la prévention et de la promotion de la santé, de l’évaluation, du diagnostic, du traitement et de la réadaptation des déficiences et incapacités touchant les systèmes neurologique, musculosquelettique et cardiorespiratoire de la personne. C’est la première amorce d’un futur service de kinésithérapie.

1957 : réaménagement du service administratif et de l’attente aux guichets.

1958 : Le centre devient l’un des plus importants établissements de ce type : 97 000 actes médicaux, 23 vacataires médicaux, 39 employées communales.

1960 : un préfabriqué en bois accueille la première annexe du CMS dans le sud de Malakoff à côté de l’école Henri Barbusse, avec le docteur Akoun-Cornet.

1967 : inauguration de l’annexe du Centre de Santé Henri Barbusse dans le nouvel immeuble place Stalingrad.

Le centre fait sur la ville les premières informations sur le nouveau virus du SIDA

1968-1988 : les règlementations du secteur sanitaire et social s’étendent et deviennent complexes. Le centre et sa nouvelle directrice administrative, Lucienne Lamblin, doivent faire face à la départementalisation de la Seine. Au 1er janvier 1968 existence et fonctionnement officiel du nouveau département des Hauts-de-Seine.

1969 : création de sept départements en Ile-de-France avec ses conséquences pour la gestion administrative des usagers qui fréquentent le centre, notamment ceux qui n’habitent pas où ne travaillent pas à Malakoff ou les Hauts-de-Seine

Un jeune interne des Hôpitaux de Paris-Lariboisière, Axel Kahn assure des consultations au centre (jusqu’en 1992). Il deviendra un vulgarisateur scientifique, directeur de recherche à l’INSERM, directeur de l’Institut Cochin, Président de l’université Paris Descartes.... Axel Kahn prendra des positions très remarquées sur certaines questions éthiques et philosophiques ayant trait à la médecine et aux biotechnologies

Abandon de l’appellation médico-sociale. Les besoins des usagers ont changé. L’action sociale des services municipaux se sont renforcés

1972 : plus d’assistante sociale au CMS. La prise en charge sociale des personnes en difficultés est assurée par différents services dans la ville.

1987 : Monsieur Chasseau, architecte communal procède au premier agrandissement du centre et au réaménagement du service administratif et de l’accueil. Monsieur Fahmy réalise l’agrandissement du bâtiment. Démolition du pavillon jouxtant le centre permettant cet agrandissement. Utilisation de la cour.

1989 : l’informatisation du CMS est effective. Elle permet la création d’un dossier médical et administratif unique des patients, utilisable par tous les médecins du centre.

1990 : modernisation du service dentaire. Publication d’une plaquette d’information qui rappelle l’organisation du centre, son fonctionnement et son utilisation par le public. Dans la préface, Léo Figuères, maire de Malakoff réaffirme l’objectif de l’action du CMS : l’accès de tous à une médecine de qualité tout en veillant à une gestion financière rigoureuse.

1991 : agrandissement par l’adjonction d’un bâtiment sur la rue Louis Blanc portant à 1325m2 la surface du centre qui bénéficie en même temps d’une restructuration complète.

1993 : face aux besoins croissant de soins dans le quartier sud de Malakoff, le Centre de Santé Henri Barbusse est totalement remanié.

1999 : à l’occasion du départ en retraite de madame Nicole Koffi, infirmière durant 22 ans au CMS, annonce de la création de « l’Amicale des anciens du centre municipal de santé ». L’association démarre avec 77 adhérents. Publication du premier numéro du bulletin bi-annuel de l’association.

2002 : création du Service infirmier à domicile (SIAD) qui prendra rapidement son autonomie rue de la Tour. L’infirmerie du centre se réorganise avec un effectif réduit tourné vers l’accueil des urgences et des soins.

Mise en place de l’imagerie médicale pour le dépistage du cancer du sein. Le laboratoire d’analyses médicales est équipé d’un appareil d’immunoenzymologie.

Amélioration de l’accueil des patients par l’équipement informatique.

Première étude architecturale visant à mettre en oeuvre la transformation du bâtiment historique et sa mise aux normes.

2003 : création en avril d’un poste de Médiatrice de santé pour faciliter l’accès aux soins et développer la prévention. Proposition de bilans de santé au 16-25 ans suivis par la Mission Locale. Planification de travaux pour rénover le centre confiée à l’Agence Narcy et budgétisation par la commune.

2004 : plus de soixante ans après sa construction les locaux ont besoin d’une rénovation de grande ampleur. Décision d’effectuer des travaux d’extension et de restructuration sans arrêter les activités du Centre. Les consultations continueront d’être assurées dans les locaux qui ne seront pas en travaux et dans une antenne provisoire au 45 rue Pierre Larousse.

2005-2008 : travaux en trois phases sur site occupé démarré en mai 2006. Le centre est restructuré et réorganisé. L’ensemble des locaux et des installations techniques est rénové. Une extension de 120m2 est réalisée au deuxième étage. La cour est couverte d’une structure en verre pour créer une salle de réunion de 48m2. De nouveaux espaces destinés au laboratoire d’analyses médicales, des salles techniques et administratives sont crées.

Afin d’exprimer une différenciation entre le bâtiment historique entièrement conservé et les constructions plus récentes et nouvelles, un habillage vitré vient en doublage de la façade du bâtiment sur la rue Louis Blanc et de la nouvelle construction, afin de fondre le tout en une seule entité. Le CMS bénéficie désormais d’une surface totale de 1650m2 entièrement rénové.

2007 : découverte d’amiante dans des parties sous plafonds et cloisons. Le 31 mai 2007 l’entrée principale est enfin accessible au public. En octobre les médecins spécialistes réintègrent le bâtiment.

2009 : après avoir reçu l’aval de la Commission de sécurité, le samedi 4 avril 2009 à lieu l’inauguration du CMS rénové qui confirme l’attachement de la population au dispositif de santé : 14675 patients, 71326 passages, 98542 actes en 2009. Par ses nouvelles capacités d’accueil, ses offres de soins et ses liens avec les acteurs médicaux sociaux locaux il s’affirme comme un outil essentiel d’une politique locale de santé.

Au sous-sol, le service radiologie est équipé d’un appareil d’ostéodensitométrie, et d’une salle d’échographie. Au rez-de-chaussée, tout près de l’entrée principale le service infirmier dispose d’une nouvelle salle de soins et d’urgences, facile d’accès pour les pompiers et leurs brancards. Le premier étage est entièrement réservé aux consultations médicales où sont regroupés tous les médecins généralistes. Le deuxième étage est dédié au service dentaire.

A la fin des travaux, le public bénéficie d’un meilleur accueil, certains équipements à l’exemple du service dentaire et du cabinet d’ophtalmologie sont totalement rééquipés en matériels neufs.

Le bâtiment sur la rue Louis Blanc réservé aux analyses médicales est relié par un monte-charge à l’accueil du public au rez-de-Chaussée, qui lui transmet analyses et prélèvements à l’étage supérieur. Le laboratoire est équipé d’un nouvel automate d’hématologie

2010 : le docteur Eric May devient le premier avril directeur du centre en remplacement du docteur Limousin. Le projet de santé (2010-2015) est réaffirmé : agir dans le cadre de la politique sanitaire et sociale de la ville de Malakoff et le soutien des élus ; offrir des services à la population de soins et de santé publique en complémentarité de l’offre de santé locale, ambulatoire et hospitalière et en coordination avec celle-ci ; contribuer à lutte contre les exclusions et à réduire les inégalités sociales de santé du territoire .

2012 : la réforme nationale de la biologie médicale hospitalière et de ville annoncée en 2009

menace l’activité de biologie du CMS. Suite à la mobilisation du réseau de CMS ayant un laboratoire de biologie médicale, le Conseil municipal adopte à l’unanimité le 12 décembre ses recommandations et décide le maintien durable du service de biologie médicale et de l’emploi de tous les personnels. Il approuve la participation de la ville de Malakoff au Groupement de Coopération Sanitaire de moyen dénommé « Laboratoires des centres de Santé et Hôpitaux d’Ile de France ».

2013 : le magazine de la santé « In Vivo »sur la chaîne du Service public France 5 diffuse une série de cinq reportages de sept minutes chacun réalisés au CMS pour illustrer le thème de la semaine : Centres de santé ; un modèle menacé ? L’expérience et les différents services du Centre Malakoffiot sont mis en valeur.

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CENTRE MUNICIPAL DE SANTE MAURICE TENINE
La cardiologie au CMS en 1955
Témoignage

Si le centre de santé attire tant depuis son ouverture aux usagers c’est que le plateau technique est exceptionnel et sans cesse modernisé depuis les origines du Centre. Le Docteur Jacques Azerad a pratiqué au CMS durant 35 ans comme médecin radiologue . En février 2005 il a raconté quelques souvenirs dans le Bulletin de l’Amicale des anciens et amis du Centre Maurice Ténine que nous reproduisons ici.

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Si le centre de santé attire tant depuis son ouverture aux usagers c’est que le plateau technique est exceptionnel et sans cesse modernisé depuis les origines du Centre. Le Docteur Jacques Azerad a pratiqué au CMS durant 35 ans comme médecin radiologue . En février 2005 il a raconté quelques souvenirs dans le Bulletin de l’Amicale des anciens et amis du Centre Maurice Ténine que nous reproduisons ici.

« Au début des années 50, la consultation de cardiologie se tenait en sous-sol et comprenait une salle d’attente, avec derrière un paravent, un lit pour la prise de l’électrocardiogramme par une infirmière, la salle de consultation proprement dite où je me tenais avec un appareil de radioscopie, un petit cagibi donnait dans cette pièce.

Le matériel était rudimentaire : l’appareil de ECG suédois enregistrait photographiquement une bande d’environ 1m20, qu’il fallait développer dans l’obscurité du petit cagibi, ce qui demandait pas mal de temps.

L’appareil radioscopique était dépourvu de toute protection et projetait joyeusement les rayons X non seulement sur le patient et l’examinateur, mais sur toutes les personnes qui venaient à passer par là. D’autant plus que bien souvent, on complétait l’examen par l’absorption de liquides baryté dans l’oesophage afin de préciser les contours du coeur. Il fallait avoir l’oeil vigilant et se rapprocher de l’écran pour saisir la descente rapide du liquide vers l’estomac.

Très vite le matériel se perfectionna. La scopie fut beaucoup mieux protégée. Surtout l’appareil électrocardiogramme suédois fit place à un appareil américain (qui existait encore en 1989) et permettait l’enregistrement direct sur un papier spécial. Il n’y avait plus qu’à développer. Nous n’avons jamais pu avoir à l’époque un appareil français, aucun n’était valable.

Pas toujours passionnant, mais grand service rendu

Bien sûr, pas d’exercice d’une cardiologie de pointe. Les infarctus étaient une pathologie trop grave. Il fallait pour la plupart les diriger d’urgence vers l’hôpital le plus proche. Nous voyions surtout des douleurs intercostales faciles à distinguer en général des douleurs angineuses, des hypertendus, des palpitants divers.

Du point de vue du médecin, ce n’était pas toujours passionnant, mais du point de vue du patient, un grand service lui était rendu.

Cahin-caha, les années passèrent. Le grand chambardement qui renouvela la médecine française en 1968, épargna nos CMS.

A Malakoff, le CMS se développa. Il y eut un deuxième titulaire en cardiologie, le professeur Bilski-Pasquier, Léon Hepner, les docteurs Tran, Durup... j’en oublie sûrement.

Je remercie de tout mon coeur les infirmières qui se sont succédées, tout d’abord Nicole Grapin, puis celles qui prirent le relais : je citerai en particulier Linette Dubreuil, Nicole Blazy, Colette Borgiès, Monique Koffi et bien d’autres encore, souvent des remplaçantes. C’était madame Josette Mouret, infirmière-chef qui me les adressait avec un flair qui ne s’est jamais démenti.

Enfin, après 34 ans d’activité (nommé le 1er janvier 1955 par Léon Salgnac le maire de Malakoff) j’ai demandé d’être exempté de cérémonie d’adieux. Mes infirmières collaboratrices se sont cotisées pour m’offrir un magnifique ouvrage dédicacé sur la ville de Moscou qui est l’ornement de ma bibliothèque et que je regarde souvent car, il me rappelle ces années si fructueuses au sein du CMS, sans jamais le moindre conflit aussi bien avec les médecins-chefs (Martin Seillon puis Jacqueline Akoun-Cornet), qu’avec la direction administrative (Jacqueline Laithier puis Lucienne Lamblin).

Il m’est arrivé de revoir le bâtiment de l’avenue Pierre Larousse à l’architecture si originale. J’y jette un regard ému pendant quelques minutes... »

Docteur Jacques Azerad

 

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CENTRE MUNICIPAL DE SANTE MAURICE TENINE
Souvenirs de soins infirmiers dans les années 50
Témoignages d’infirmières du CMS

Les soins prodigués par les infirmières du Centre de Santé dans les années 50 ont disparu ou se sont modernisés. Lors de leurs rencontres au sein de l’Association des anciens et amis du Centre de Santé elles ont évoqué des souvenirs qui rappellent des pratiques professionnelles et usages d’un autre temps.

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Les soins prodigués par les infirmières du Centre de Santé dans les années 50 ont disparu ou se sont modernisés. Lors de leurs rencontres au sein de l’Association des anciens et amis du Centre de Santé elles ont évoqué des souvenirs qui rappellent des pratiques professionnelles et usages d’un autre temps.

"Les ventouses, et mieux encore les ventouses sacrifiées afin de décongestionner nombre d’affections respiratoires. On a du poser les dernières en 1970.

Les sangsues qui se gorgeaient de sang, posées au cou, surtout dans les cas d’hypertension.

Les injections de Propidon, ou stock-vaccin du docteur Delbet, vaccin par germe tués ou lysa-vaccin, à base de staphylocoques, streptocoques et pyocyaniques atténués et stérilisés par chaleur, destinés à provoquer un choc thermique ou pyrétothérapie dans le cas d’infections graves surtout quand il y avait peu d’antibiotiques. On l’injectait en sous-cutanée tous les deux jours à doses progressives. C’était très douloureux.

Les antibiotiques qui au début se faisaient toutes les trois heures. Au CMS de Malakoff, une infirmière allait même en vélo à domicile les injecter.

Les anti-hémos (auto-hémothérapie), utilisées essentiellement dans l’allergie : on injectait de l’Emgé Lumière dans une veine, on reprenait aussitôt du sang de la personne (progressivement à chaque injection jusqu’à 20ml) et on lui réinjectait en intra musculaire aussitôt avant coagulation. C’était une injection assez douloureuse.

Les saignées : utilisées pour les hémochromatoses (trop de fer dans le sang). Elles se faisaient à l’aide d’une grosse aiguille à plateau appelée aiguille de Vergne et d’un verre à pied, à raison d’environ 400ml de sang prélevés en une fois...

Injections de Sérum de Quinton (eau de mer) pour les bébés déficients.

Les seringues en verre et les aiguilles non jetables. Il arrivait au CMS que nous ayons 60 seringues et aiguilles à nettoyer par matinée et aussi l’affûtage des aiguilles sur une pierre spéciale, et l’utilisation d’un mandrin pour les déboucher... "

Extrait du bulletin N°17 de l’Amicale des anciens et amis du Centre de Santé, Avril 2008

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CENTRE MUNICIPAL DE SANTE MAURICE TENINE
Une médecine au plus près des gens
Témoignage d’Axel Kahn au CMS de 1969 à 1992

En 1969, jeune interne des Hôpitaux de Paris-Lariboisière, Axel Kahn assure des consultations au Centre de Santé Maurice Ténine jusqu’en 1992. Il deviendra un vulgarisateur scientifique, directeur de recherche à l’INSERM, directeur de l’Institut Cochin, Président de l’université Paris Descartes…. Axel Kahn prendra des positions très remarquées sur certaines questions éthiques et philosophiques ayant trait à la médecine et aux biotechnologies. En 2004 il décrit dans le bulletin de l’Amicale des anciens et amis du Centre de Santé l’éclatant engagement du CMS au service de tous les Malakoffiots.

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En 1969, jeune interne des Hôpitaux de Paris-Lariboisière, Axel Kahn assure des consultations au Centre de Santé Maurice Ténine jusqu’en 1992. Il deviendra un vulgarisateur scientifique, directeur de recherche à l’INSERM, directeur de l’Institut Cochin, Président de l’université Paris Descartes…. Axel Kahn prendra des positions très remarquées sur certaines questions éthiques et philosophiques ayant trait à la médecine et aux biotechnologies. En 2004 il décrit dans le bulletin de l’Amicale des anciens et amis du Centre de Santé l’éclatant engagement du CMS au service de tous les Malakoffiots.

... « Pour l’OMS, la santé est un état complet de bien-être physique, mental et social, et ne constitue pas seulement une absence de maladie.

Ce droit de chaque citoyen d’avoir accès au meilleur service de santé possible rejoint celui de bénéficier des retombées du Progrès. Le camp progressiste est donc par nature attaché à mettre la science et la médecine au service de l’homme. C’est là toute la raison d’être des Centres Médico-Sociaux, en particulier dans les banlieues ouvrières. Le Centre Ténine est sans doute un éclatant exemple de cet esprit et de cet engagement.

J’ai assuré les consultations au CMS de Malakoff de 1969 à 1992, pendant 23 ans. Durant ce temps, j’ai été témoin de l’ardente volonté de chacun d’offrir aussi vite que possible aux Malakoffiots les services autorisés par l’avancée des connaissances et des techniques. Depuis l’installation des premiers automates au laboratoire du dispensaire jusqu’à la modernisation du service radiologique et des équipements de soins dentaires, j’ai vu des médecins, infirmières et gestionnaires arc-boutés à assurer la quadrature du cercle, c’est-à-dire proposer le meilleur à tous les patients utilisant le dispensaire tout en se comportant avec responsabilité face aux réalités économiques.

Directement, grâce à la participation de médecins hospitaliers aux activités du dispensaire, ou directement par le biais d’un vaste réseau de correspondants, Malakoff s’est toujours tenu également au plus près du meilleur des compétences et des expériences lorsqu’elles ne pouvaient être trouvées en interne.

La qualité évidente de ce véritable militantisme en faveur de la population devait aboutir à, ce que le Centre Ténine, dispensaire d’une municipalité à majorité communiste, développe des relations de respect et de confiance mutuelle avec l’établissement confessionnel de la Commune ».

 (Quand il s’agit du service de l’Homme, ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient, toute l’histoire le prouve, savent se donner la main).

Professeur Axel Kahn (31/11/2004)

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CENTRE DE SANTE MARIE-THERESE
Les soeurs de Saint-Vincent de Paul créent un service de santé
Les années 1912-1920

En 1912, une Soeur de la Communauté des Filles de la Charité de Saint-Vincent de Paul de l’hôpital Saint-Joseph à Paris découvre le dénuement sanitaire et social de la population de Malakoff proche des fortifications. Pour palier au manque d’équipements médicaux elle ouvre en juillet 1912 un petit service de soin dans une maison louée au 10 rue Danicourt. C’est le début d’une longue présence auprès de la population de Malakoff avec l’ouverture du dispensaire Marie-Thérèse le 1er octobre 1918, avenue Gambetta.

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En 1912, une Soeur de la Communauté des Filles de la Charité de Saint-Vincent de Paul de l’hôpital Saint-Joseph à Paris découvre le dénuement sanitaire et social de la population de Malakoff proche des fortifications. Pour palier au manque d’équipements médicaux elle ouvre en juillet 1912 un petit service de soin dans une maison louée au 10 rue Danicourt. C’est le début d’une longue présence auprès de la population de Malakoff avec l’ouverture du dispensaire Marie-Thérèse le 1er octobre 1918, avenue Gambetta.

1912

En janvier, une religieuse infirmière des Filles de la Charité de Saint-Vincent de Paul, Soeur Félicité Beauvois, de la Communauté de l’Hôpital Saint-Joseph, très fatiguée est envoyée par la Mère supérieure de l’Hôpital Saint-Joseph, Soeur Inchelin, se reposer de l’autre côté des fortifications dans la jeune commune de Malakoff pour y respirer l’air pur de la campagne. La plaine de Montrouge est encore peu urbanisée, de grands espaces donnent l’illusion d’une nature proche de la ville qui étouffe.

Visitatrice

Loin de rester inactive pendant sa période de repos à Malakoff soeur Félicité face au dénuement sanitaire et social de la population du nord de la ville et de la zone des chiffonniers, panier au bras rend visite à des malades qui avaient donné leur adresse à l’hôpital. Elle va rapidement prendre une chambre de louage au 10 rue Danicourt pour donner des soins et éduquer à l’hygiène et à la prophylaxie antituberculeuse. Elle fait également de nombreuses visites à domicile. Tous les soirs, elle rentre à pieds dans sa Communauté religieuse à l’Hôpital Saint-Joseph en traversant la zone jusqu’à le Porte de Vanves sur les fortifications qui fait alors partie du territoire de la commune de Malakoff.

Pesée des nourrissons

Juillet 1912 soeur Félicité Beauvois s’installe dans une maison en location rue Danicourt à Malakoff, composée de quatre petites pièces. Au cours de ses visites dans les familles ouvrières pauvres où la promiscuité, l’insalubrité des logements sont fréquents dans le vieux quartier du nord de la ville, la religieuse observe avec inquiétude les mauvaises pratiques sanitaires et le manque d’éducation de mères pour prendre soins de leurs bébés. 

Infirmière diplômée Soeur Félicité connaissant toute l’importance des bonnes pratiques concernant le premier âge de la vie, organise la première pesée régulière des nourrissons, l’un des fers de lance de ce qu’on commençaient à appeler la puériculture depuis la fin du 19ème siècle. Mais cette pratique, d’ailleurs peu proposée en dehors des hôpitaux où lors des visites chez le médecin, était souvent redoutée par les mères car peser un enfant pouvait arrêter sa croissance. Or la pesée régulière du nourrisson permet de suivre l’évolution de la croissance, la surveillance de l’alimentation des enfants et des pratiques d’allaitement naturel ou au biberon, a une époque où la mortalité infantile est encore très importante. Au début du 20ème siècle en France, 14% des enfants mourraient avant leur premier anniversaire.

Soeur Félicité ouvre dans sa maison une permanence dans laquelle elle propose aux mères une pesée de nourrissons et des prêts de couvertures.

1913

La Présidente du Conseil d’Administration de l’Hôpital Saint-Joseph à Paris la Duchesse d’Estissac, demande à ses deux filles Thérèse d’Arembert et Marie de Curel de s’intéresser à la banlieue et notamment au secteur de Malakoff.

1914

La grande guerre éclate. Plus d’un millier d’hommes de Malakoff est mobilisé sur une population totale de 19789 habitants. Dès les premiers jours de la guerre la ville est privée de tous ses médecins eux aussi mobilisés. Pendant deux mois, les allocations ne sont pas payées aux femmes. C’est la misère. Devant l’ampleur de la tâche la Mère supérieure de Saint-Joseph, Soeur Inchelin décide d’adjoindre à Soeur Félicité, Soeur Catherine Fritz qui restera 58 ans à Malakoff.

Soeur Félicité loue un local rue des Clozeaux (actuelle rue André Coin) pour y installer un fourneau économique (une banque alimentaire aujourd’hui). Tous les jours, elles apportent la nourriture de l’Hôpital Saint-Joseph avec une petite voiture tirée par un âne.

Elles installent aussi un ouvroir où viennent travailler 150 femmes au 10 rue Danicourt. Les soeurs ouvrent également une « Charité Maternelle », aidées par quelques personnes, parmi lesquelles Monsieur et Madame Watel, Madame Thérèse d’Aremberg et Madame Marie de Curel (des Aristocrates, bienfaiteurs et donateurs très impliqués dans des initiatives de bienfaisance sur le quartier nord de Malakoff).

1915

L’ouvroir est déplacé au 149 route de Montrouge (actuel boulevard Gabriel Péri) dans des locaux de la paroisse catholique qui accueilleront par la suite le patronage.

1916

Les besoins de la population augmentent : les femmes travaillent aux usines, les hommes sont au front et les enfants restent désoeuvrés la plus grande partie de la journée dans la rue.

Avec l’aide de Madame Thérèse d’Aremberg qui a mobilisé son réseau Soeur Félicité achète une vieille ferme abandonnée sur un ancien terrain maraîcher au 93 avenue Gambetta. Le propriétaire accepte le paiement par annuités. Soeur Félicité blanchit les murs de l’écurie à la chaux et y accueille les enfants.

Elle fait construire en carreaux de plâtre, un petit local pour y donner des soins médicaux : ventouses, piqûres...Une pièce sert aux soins, une autre à la » Charité Maternelle » et au secrétariat des familles, et au bout, reste un coin rangement et cuisine.

1917

La misère qui concerne une partie de la population de Malakoff est aggravée par les ravages causés par la tuberculose. La création d’un dispensaire antituberculeux est décidé. Un terrain attenant au 93 rue Gambetta est acheté.

Extrait de l’acte de vente déposé à l’étude de Maitre Thomas, notaire, entre monsieur Duverdy et Soeur Félicité Beauvois décrit la nature du bien :« Une propriété sise à Malakoff (Seine) rue Gambetta, numéro 93 comprenant un bâtiment sur rue élevé sur terre-plein, une maison d’habitation, un appentis adossé à la maison d’habitation , un puits d’eau. Le tout d’une contenance superficielle 1362 m2"

Le 25 octobre nouvelle vente par Monsieur et Madame Boutant à Soeur Félicité Beauvois d’un autre terrain toujours rue Gambetta, d’une contenance superficielle de 342,48m2.

1918

18 février :La création d’une association est décidée afin d’organiser un service de santé auprès de la population de Malakoff. La Supérieure Générale des Filles de la Charité de Saint-Vincent de Paul, Mère Inchelin demande à la Marquise d’Imécourt de s’investir dans la nouvelle structure. L’association prend comme dénomination les prénoms des deux premières dames bienfaitrices qui se sont investies dans les oeuvres lancées par Soeur Félicité Beauvois ; Thérèse d’Aremberg et Marie de Curel.

12 mars : Déclaration officielle de l’Association Marie-Thérèse dont le but est la création et le fonctionnement d’un « Dispensaire d’hygiène sociale et de préservation antituberculeuse à Malakoff » (Journal Officiel du 14 mars 1918 N° 41228). Madame d’Imécourt devient présidente de l’association, madame Thérèse d’Aremberg, vice-présidente

Les premières personnes bienfaitrices qui soutiennent l’action des soeurs à Malakoff réussissent à réunir suffisamment de fonds pour construire un petit dispensaire antituberculeux. Mais pour donner une existence légale et une continuité indépendante aux oeuvres entreprises, deux associations sont créées : l’Association Marie-Thérèse, chargée de l’organisation administrative et financière de la partie « médicale ». et l’Association Gambetta chargée des oeuvres de charité, d’entraide sociale, de l’enfance...

1er juillet : vente par la famille Ernest d’Aremberg d’une maison au 91 rue Gambetta (actuel 47) avec son jardin. Le tout d’une superficie de 174,40m2. L’achat est rendu possible grâce à un don de 13 000 francs de la Croix-Rouge Australienne.

1er octobre : ouverture du dispensaire antituberculeux construit et organisé suivant les prescriptions de la loi du 16 avril 1916 instituant les dispensaires antituberculeux en France.

27 novembre : La maison achetée permet l’installation d’une communauté des Filles de la Charité de Saint-Vincent de Paul à Malakoff afin d’être plus entièrement à la disposition des malades. Une troisième soeur est adjointe aux deux premières : Soeur Bobet. L’Association Marie-Thérèse s’engage à assurer l’ensemble des frais annuels pour la vie quotidienne des Soeurs et leur hébergement.

1919

Les activités du dispensaire Marie-Thérèse prennent de l’ampleur et répondent immédiatement aux besoins de la population de la population du nord de Malakoff et des chiffonniers de la zone des fortifications. Pour l’année 1919 de fonctionnement 2646 consultations médicales sont données. 139 familles tuberculeuses sont mises en traitement. 32 malades sont dirigés dans les hôpitaux ou un sanatorium. 28 malades sont envoyés à la campagne.

20 août : achat d’une nouvelle parcelle de terrain. A l’angle de la rue Gambetta et d’Alsace-Lorraine (aujourd’hui avenue du Maréchal Leclerc), au lieu dit « La voie des platras » d’une contenance superficielle de 650m2, un grand terrain appartenant à Monsieur Duverdy grâce à un don de monsieur Paul Watel. Avec ce dernier achat, l’ensemble du site historique est ainsi constitué.

En dehors des soins médicaux, l’Association Marie-Thérèse est confrontée au fléau de la tuberculose chez les enfants des malades tuberculeux qui touche la population ouvrière du quartier. La nécessité de créer un local d’accueil pour les enfants devient une urgence. Une discussion a lieu lors de l’Assemblée générale du xx « Il faut un local bien aéré, bien chauffé, dans lequel on donnerait à ces enfants l’éducation qui peut convenir à leur milieu. Les infirmières les prendraient le matin et les ramèneraient le soir. De cette façon, les enfants ne perdraient pas le contact avec leurs parents. Ils deviendraient même, quelquefois un précieux élément de propagande pour introduire dans les familles les quelques notions d’hygiène qui y font défaut ». L’aménagement de l’ancienne écurie est envisagé pour créer une garderie.

1920

Le local d’accueil des enfants a été créé dans l’ancienne écurie. Plus de 100 enfants sont inscrits à la garderie dès la première année. L’ancienne écurie devient rapidement trop petite. L’accueil des enfants est donc limité faute de place.

Cette même année, sur 281 naissances à Malakoff, on notait le décès de 43 enfants de 0 à 1 ans et de 28 de 1 an à 19 ans. Une consultation médicale pour les enfants est alors ouverte au dispensaire. 

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Pour comprendre

Ouvroir : atelier de charité ou des jeunes femmes se retrouvent pour travailler sous la conduite de religieuses.

Charité maternelle : société de charité développée depuis de début du 19ème siècle pour lutter contre la mortalité infantile, favoriser l’allaitement materne et l’éducation des enfants par leur mère. Dans les centres de charité maternelle on assurait un soutien matériel, des conseils hygiénistes...les congrégations religieuses étaient en première ligne dans ce domaine.

Tuberculose : maladie infectieuse transmissible et non immunisante provoquée par une microbactérie. Autrefois on la soignait par des cures de soleil et de plein air (maladie réduite par les antibiotiques dans les années 1950).

Loi du 16 avril 1916 : cette loi marque le début de l’intervention de l’Etat français en matière de prévention, sous la pression de l’épidémie de tuberculose dans les troupes engagées sur le front. Cette loi dite "Léon Bourgeois" imposait la création sur l’ensemble du territoire des dispensaires et le développement de l’éducation sanitaire.

Le bâtiment historique du premier dispensaire Marie-Thérèse (vers 1920)

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L’Association Marie-Thèrèse ouvre un dispensaire antituberculeux à Malakoff
1er Octobre 1918

Dès 1914 l’équipe formée de Soeurs de Saint-Vincent de Paul et de Dames donatrices et bienfaitrices cherche à trouver des solutions pérennes pour assurer dans de bonnes conditions des soins médicaux à la population ouvrière de Malakoff pour qui l’hygiène sociale, l’éducation sanitaire, le dépistage des maladies ne sont guère à sa portée. En fait, tout est question de moyens dans cette jeune commune issue de Vanves ayant peu de services publics, sans hôpital ni service de santé. Plusieurs opportunités vont répondre aux attentes.

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Dès 1914 l’équipe formée de Soeurs de Saint-Vincent de Paul et de Dames donatrices et bienfaitrices cherche à trouver des solutions pérennes pour assurer dans de bonnes conditions des soins médicaux à la population ouvrière de Malakoff pour qui l’hygiène sociale, l’éducation sanitaire, le dépistage des maladies ne sont guère à sa portée. En fait, tout est question de moyens dans cette jeune commune issue de Vanves ayant peu de services publics, sans hôpital ni service de santé. Plusieurs opportunités vont répondre aux attentes.

Les fondatrices de l’Association Marie-Thérèse


Deux impulsions sanitaires providentielles vont donner à l’équipe détachée de l’Hôpital Saint-Joseph les premiers espoirs : la loi Bourgeois qui institue les dispensaires antituberculeux (1916) et l’implication des Américains en France durant la première guerre mondiale avec la Croix Rouge Américaine et la Mission Rockefeller (1917) qui apporteront une partie des moyens financiers nécessaires à l’ouverture et au fonctionnement d’un dispensaire antituberculeux à Malakoff.

La lutte contre la tuberculose en France a véritablement démarré à l’occasion de la guerre de 14-18. Déjà très répandue auparavant, elle était considérée comme le type même de la maladie sociale, mais sa contagion a longtemps été très discutée dans le monde médical et politique c’est pourquoi l’action antituberculeuse ne sera le fait d’abord que d’initiatives privées, dispersées et sans grands moyens.

Avec le terrible conflit mondial le choc de la guerre en mouvement, puis les souffrances cruelles des tranchées ont provoqué l’apparition de nombreux cas de tuberculose parmi les soldats. Ces malades, la plupart dans un état sérieux, étaient réformés, sans pensions car ils n’étaient pas des blessés de guerre. Rentrés dans leurs foyers, incapables de travailler, souvent trop pauvres ou trop ignorants pour se faire soigner, ils tombaient à la charge de leur famille qu’en outre ils contaminaient. Un vaste mouvement d’opinion aboutira le 16 avril 1916 à la loi instituant les dispensaires d’hygiène sociale, dite Loi Léon Bourgeois. La circulaire d’application du 31 juillet 1917 impose par ailleurs le suivi des malades chez eux et la vérification de la mise en oeuvre des conseils reçus lors des consultations.

Le premier dispensaire de Malakoff

L’Association Marie-Thérèse créée le 12 mars 1918 voit son objectif se concrétiser le 1er octobre 1918 en devenant un dispensaire antituberculeux agrée, le premier service médical organisé à Malakoff. Ses moyens sont limités : cinq Soeurs infirmières de Saint-Vincent-de-Paul et trois infirmières laïques toutes diplômées, des Dames visitatrices bénévoles pour se rendre dans les familles et bienfaitrices de l’association. Le service médical est assuré par un médecin chef et un assistant. Lorsque les malades ont besoin d’un examen spécial ils sont dirigés vers l’Hôpital Saint-Joseph dans le 14ème arrondissement de Paris à deux kilomètres de là.

On y applique la méthode du docteur Calmette qui fut le directeur de l’Institut Pasteur de Lille qui plutôt que d’accueillir n’importe quel malade spécialise un dispensaire dans la lutte contre la tuberculose. Il en fait un instrument de dépistage, de prophylaxie et d’assistance aux tuberculeux, un lieu d’éducation sanitaire du peuple.

Cette orientation convient aux pionnières de Malakoff qui sont sur le terrain depuis 1912. En effet, les soins et les visites à domicile ne se limitaient pas à la seule technique mais a être proches des malades et de leurs familles en les aidant à mieux vivre moralement et physiquement. Un dispensaire agréé devenait une sorte de reconnaissance de leur travail assuré à Malakoff depuis six ans.

Un coup de pouce de la Croix Rouge Américaine et de la Mission Rockefeller

L’Association Marie-Thérèse va bénéficier d’un don important de 100 000 francs de la Mission Rockefeller ce qui va financer une partie de la création du dispensaire antituberculeux à Malakoff, un don qui arrive à point au moment de sa construction. D’autres dons participeront au développement du dispensaire provenant de la Croix-Rouge Américaine, Australienne, Anglaise et Canadienne.

La Mission Rockefeller créée en 1913 aux USA avec des moyens financiers et humains conséquents s’est donnée pour objectif le « bien-être de l’humanité ». En juillet 1917 la Fondation Rockefeller envoi en France une Commission. Pendant cinq ans elle va assurer un rôle important dans la lutte préventive contre la tuberculose par des campagnes de propagande qui ont mobilisé des techniques et des savoir-faire de publicitaires américains (affiches, brochures, dessins animées et films, conférences...). La Mission apporte également des aides financières, notamment pour les dispensaires antituberculeux, l’organisation de visiteuses d’hygiène, la formation d’infirmières...Le dispensaire Marie-Thérèse soutenu financièrement par la Mission Rockefeller utilise aussi auprès de ses patients leurs outils de communication. La Mission Rockefeller sera remplacée par le Comité National de défense contre la tuberculose. -------------------------

Sources

- Archives Association Marie-Thérèse/Malakoff

- La Mission Rockefeller en France et la création du Comité national de défense contre la tuberculose (1917-1923). Revue d’Histoire Moderne et Contemporaine (1987)

- La lutte antituberculeuse, instrument de la médicalisation des classes populaires (1870-1930), Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest (1979)

- Rapport sur le concours pour le Prix Thorlet décerné par l’Académie des Sciences Morales et Politiques à l’Association Marie-Thérèse (1922)


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De l’ouvroir à l’atelier d’apprentissage pour les jeunes femmes
De l’oeuvre de guerre à l’école professionnelle

Quand arrive la première guerre mondiale l’infirmière, Soeur Félicité Beauvois, déjà très active depuis plus de trois ans dans la partie nord de la ville de Malakoff installe un ouvroir pour donner du travail aux femmes de mobilisés où chômeuses. Il en existe un autre mis en place à la même période par la municipalité de Malakoff et dirigé par la femme du Maire.

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Quand arrive la première guerre mondiale l’infirmière, Soeur Félicité Beauvois, déjà très active depuis plus de trois ans dans la partie nord de la ville de Malakoff installe un ouvroir pour donner du travail aux femmes de mobilisés où chômeuses. Il en existe un autre mis en place à la même période par la municipalité de Malakoff et dirigé par la femme du Maire.


L’ouvroir de l’oeuvre du dispensaire Marie-Thérèse à Malakoff

Partout en France, à l’arrière du front, l’effort de guerre a aussi pris une dimension économique dans laquelle les femmes ont su occuper une place essentielle pour vivre ou pour survivre. Pendant toute la période des hostilités des ouvroirs ont été créés par les communes, les organisations de la Croix-Rouge et les congrégations religieuses, notamment les Filles de la Charité de Saint-Vincent de Paul. En temps de guerre ces ouvroirs revêtaient plusieurs intérêts. Ils permettaient d’abord de fournir aux soldats mobilisés du linge et des vêtements propres, neufs ou raccommodés. Autre intérêt aussi essentiel dans le contexte économique et social du moment, les ouvroirs donnaient du travail à des femmes de soldats, des veuves ou des chômeuses souvent sans ressources et à charge d’enfants qui trouvaient dans ces ateliers de travail de quoi subsister. Il y avait à Malakoff plus d’un millier d’hommes partis à la guerre pour une population totale de 16368 habitants (1). Ces lieux où des femmes travaillaient ensemble représentaient également un lieu de partage essentiel pour tenir.

A l’automne 1914, Soeur Félicité installe un ouvroir dans une maison du 10 rue Danicourt, puis le local devant trop petit elle le déplace au 149 boulevard Gabriel Péri (alors route de Montrouge) qui deviendra pendant plusieurs décennies le patronage de la paroisse catholique de Malakoff. L’ouvroir dirigé par les Soeurs emploiera jusqu’à 150 femmes ouvrières.

L’ouvroir des Soeurs travaillait avec des commandes de l’armée et du Service de Santé à la confection de chemises, de matériel de pansement, au piquage des toiles de tentes. Mais surtout se plaisait à dire Soeur Félicité : « On y tenait tête au cafard en cultivant l’optimisme... ».

Le potentiel d’un ouvroir était en effet bien connu de Soeur Félicité puisque l’ouvroir était une activité pour les orphelines accueillies dans les orphelinats des Soeurs de Saint-Vincent de Paul, toujours secondés par des femmes aristocrates bénévoles ou de l’élite sociale et politique. Pour ces femmes, l’ouvroir représentait l’un des lieux de sociabilité et d’activité charitable classique.

Dans un éloge pour les actes de dévouement à l’occasion de la remise du prix Audiffret, décerné en 1930 par l’Académie des Sciences Morales et Politiques à l’Association Marie-Thérèse, monsieur Alfred Rebelliau, historien et membre de la Commission du Dictionnaire de l’Académie Française mets en avant la création de l’ouvroir par Soeur Félicité Beauvois, oeuvre exemplaire pour « ces épouses ou filles, ou soeurs, ou compagnes abandonnées, à qui la mobilisation à ôté leur homme...elles les rassemble, elle leur donne une occupation qui non seulement les aide à subvenir à leurs besoins, mais surtout, à conserver l’énergie, l’espoir, voir même la gaieté parisienne. Dès les premières semaines de la guerre, Soeur Félicité installait dans un bâtiment de fortune un ouvroir de 85 places... »(2)

De son côté, la municipalité mettait également en place un ouvroir dirigé par madame Fourquemin, la femme du Maire. On y confectionnait des pantalons de velours, des caleçons, des vestes, des blouses, des bonnets de police et des cravates. Il fut très actif durant toute la Première Guerre Mondiale.

Une oeuvre durable après la guerre

Au lendemain de l’armistice de 1918, les femmes laissèrent la place progressivement à leurs filles. A l’atelier, les confections pour les grands magasins, la lingerie élégante.. remplacèrent les fournitures militaires. Les commandes affluèrent...un temps. Mais avec la crise survenue en 1929 une adaptation aux réalités s’imposa quelques années plus tard. En 1932 l’atelier cesse d’être un « atelier de rapport » pour devenir le premier lieu de formation professionnelle, familiale et ménagère.

Déjà en 1928, l’Association Gambetta de Malakoff, la branche du dispensaire Marie-Thérèse chargée des oeuvres de charité, d’entraide sociale et de l’enfance, avait créé officiellement un atelier d’apprentissage de couture et d’enseignement ménager, avec cours de français, de dessins et de sténo-dactylographie pour les jeunes filles après l’école primaire.(3) Cet atelier occupait les locaux laissés libres par les Soeur à l’extrémité du site de la rue Gambetta, les Soeurs résidant depuis 1924 dans un bâtiment neuf prolongeant le dispensaire. Cet atelier de couture fonctionnera jusqu’en 1959 avant d’être remplacé par une école commerciale agréée. Elle fonctionnera sept ans avant d’être confiée à l’école privée Sophie Barat de Chatenay-Malabry.

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SOURCES

(1) Recensement effectué en août 1914 : 5071 hommes, 7521 femmes, 3396 enfants. Le recensement officiel de 1911 était de 19789 habitants

(2) Séance du 5 juillet 1930 de l’Académie des Sciences Morales et Politiques

(3) Note sur l’atelier professionnel, archive du Centre de Santé Marie-Thérèse, B1

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Quand les académiciens font l’éloge du dispensaire Marie-Thérèse
Prix Thorlet (1922), Prix de Sussy (1925), Prix Audiffred (1930)

Durant les premières années d’existence de l’association Marie-Thérèse, faits assez rares, trois prix ont été décernés à l’association par l’Académie des Sciences Morales et Politiques pour lesquels les académiciens ont couverts d’éloges le dispensaire, ses oeuvres sociales et le dévouement des fondatrices de l’oeuvre depuis les origines.

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Durant les premières années d’existence de l’association Marie-Thérèse, faits assez rares, trois prix ont été décernés à l’association par l’Académie des Sciences Morales et Politiques pour lesquels les académiciens ont couverts d’éloges le dispensaire, ses oeuvres sociales et le dévouement des fondatrices de l’oeuvre depuis les origines.

A travers les rapports sur les prix attribués par l’Académie des Sciences Morales et Politiques, c’est tout un travail médico-social privé et de bienfaisance dans le quartier nord de Malakoff qui est évoqué alors que la ville ne dispose pas encore de dispensaire municipal, seulement un petit service de soins. (1) Extraits des rapports des séances à l’Académie volontairement choisis pour mettre en avant les différentes activités de l’Association (2)

Prix Thorlet (1922)

« Au mois de janvier 1912, en plein hiver, quand les misères quotidiennes de la vie pèsent d’un poids plus lourd, une soeur de Saint-Vincent de Paul s’installe à Malakoffdans une modeste chambre qui fut la première cellule de la belle oeuvre que la commsion du Prix Thoret signale aujourd’hui à l’Académie. Pour payer la chambrette, surtout pour avoir des remèdes en vue des distributions à domicile, un peu d’argent était nécessaire. Des dames de la société parisienne se chargèrent de ce soin ; elles sont restées depuis lors bienfaitrices de l’oeuvre, leurs générosités ont permis à l’oeuvre naissante de se développer...

L’oeuvre a grandit ; au début de l’année 1914, la soeur avait pu trouver une petite maison. La guerre éclate. La petite maison se transforme en quelques jours en un asile où la bienfaisance s’exerce de mille manières : car les maris sont partis, le foyer est vide. Que d’inquiétudes matérielles, que de douleurs morales ! La soeur organise un ouvroir ; la soeur établit tout un service de distribution de vivres ; la soeur recueille pendant le jour et garde les petits. ..

Les dames qui forment le conseil de l’oeuvre ont pu réunir assez d’argent pour acheter une vieille ferme et pour la transformer. L’oeuvre est chez elle, elle a pignon sur rue, pignon bien modeste, pignon tout de même. Vite on construit une salle de consultation pour les nourrissions, une salle de patronage pour les enfants, un bureau qui est le secrétariat des familles déshéritées, un service anti-tuberculeux avec une petite pharmacie gratuite. L’argent est venu peu à peu : les Croix-Rouge américaine, australienne, canadienne, britannique, frappées de tout le bien qui se fait avec des moyens si médiocres, se sont intéressées en particulier aux dispensaires : un dispensaire anti-tuberculeux est inauguré le 1er octobre. Dès la première année, les tuberculeux de Malakoff reçoivent 2500 consultations...

L’Association Marie-Thérèse a cinq divisions : le service des soins à domicile. En 1921, les soeurs ont visités 9980 malades. La consultation des nourrissons. En 1921, 351 consultations ont été données, 1004 pesées ont été faites. Le dispensaire de médecine générale. En 1921, 1786 malades sont venus au cabinet du docteur. Le dispensaire anti-tuberculeux, organisé suivant les meilleurs méthodes de l’hygiène. En 1921, pendant six mois seulement 509 consultations ont été données à des tuberculeux qu’on soigne, à des pretuberculeux qu’on protège contre l’invasion du mal. Garderie et patronage, où plus de 200 enfants se réunissent et s’amusent, à l’abri des dangers de la rue, tandis que les parents sont au travail.

L’ambition de l’Association Marie-Thérèse est à présent d’avoir une grande salle de réunion pour les après-midi du jeudi et du dimanche, une salle où l’on pourra faire venir les mamnans et les papas, faire jouer devant les familles réunies des petits spectacles, leur montrer les splendeurs de la lanterne magique et du cinéma...

Notre commission du prix Thorlet a été frappée de l’intérêt social et moral que représente l’ensemble des oeuvres de l’Association Marie-Thérèse. Puisque le prix Thorlet a, parmi ses caractères, d’être un prix d’encouragement pour les oeuvres sociales, notre commission décerne les 4000 francs du prix Thorlet à l’Association Marie-Thérèse de Malakoff. .. »

Rapporteur de la Commission du prix Thorle 1922, Georges Lacour-Gayet, historien. Séance du 25 février 1922

Prix de Sussy (1925)

« Comme chaque année l’Académie française accorde une partie de ses prix à des oeuvres collectives de patronages, d’assistance et de relèvement. Parmi elles les unes sont en quelque sorte les oeuvres de l’arrière prévoyantes et sagement ordonnées. Les autres, plus audacieuses, vont s’installer dans les faubourgs, en première ligne, au front du malheur.

Un jour, en 1912, une soeur de Saint-Vincent de Paul, de l’hôpital Saint-Joseph à Paris, entendit raconter que là-bas, de l’autre côté des fortifications, dans la commune de Malakoff, l’indigence et sa complice, la maladie, faisaient des ravages. Après avoir eu l’autorisation de sa supérieur, la soeur partit à la découverte et se trouva bientôt au milieu d’une agglomération de maisons et de cabanes insalubres et surpeuplées...Sans ressources ni appui, il lui fallait tout inventer, tout créer...La religieuse eut le bonheur de rencontrer une femme de grand coeur, qui lui apportât les ressources nécessaires. ..

Aujourd’hui, cette oeuvre a fondé une garderie pour les tout petits, un patronage pour recueillir les plus grands au sortir de l’école, un dispensaire antituberculeux, un autre de médecine générale, une consultation de nourrissons, un fonds destiné à aider, au moment du terme, ceux qui ne peuvent pas payer leur loyer, enfin, une organisation de visites à domicile, qui ont atteint, au cours de l’année 1924, le chiffre de 10 344. L’humble cellule du début est devenue une ruche en pleine activité. Sept religieuses secondent désormais l’ouvrière de la première heure.

J’ai remarqué, tandis qu’elle me faisait parcourir les salles claires du dispensaire et les cours nettes de sa maison, qu’elle regardait un terrain mitoyen qui est à vendre et, un peu plus loin, un baraquement qui le sera bientôt... L’Association Marie-Thérèse est en pleine prospérité, mais veuillez y réfléchir, qu’est-ce que c’est qu’une oeuvre prospère ? C’est une oeuvre qui a plus besoin d’argent que les autres...

Nous avons accordé sur la Fondation de Sussy, un prix de 4000 francs à l’Association Marie-Thérèse... »

Rapporteur de la Commission du Prix de la Fondation de Sussy 1925, Louis Madelin, Académicien Député, historien spécialiste de la Révolution et du Premier Empire. Séance du 5 juillet 1925.

Prix Audiffred (1930)

« La commission mixte du prix annuel Audiffred destiné aux oeuvres de dévouement a décidé d’attribuer le prix 1930 à l’Association Marie-Thérèse...

Après la présentation des activités de l’oeuvre qui a déjà dix-huit ans, permettez au rapporteur une remarque. C’est la qualité qu’avec grande raison que vous recherchez dans les oeuvres, beaucoup plus que les élans qui s’affaissent trop souvent quand le succès ne répond pas à des ambitions excessives ou impatientes. Ici, rien de tel. Si les intuitions primitives se développent, s’il en surgit d’autres, c’est progressivement, au fur et à mesure des besoins apparus, à leur demande et dans les proportions raisonnables. La fondatrice attendit six ans pour provoquer en 1918 la formation de l’Association Marie-Thérèse, et de nouveau six autres années pour demander en août 1924 la reconnaissance d’Utilité Publique de cette association.

C’est avec prudence et cette sureté que l’oeuvre, en durant, a grandit d’abord du point de vue médical. Le dispensaire, qui n’est plus seulement antituberculeux, et qui comprend presque tous les services de la médecine générale ou spéciale, occupe dix docteurs, consultants, traitants, assistant ou chef de laboratoire. Les consultations ont atteint en 1928 le total de 7700.

Six soeurs infirmières travaillent non seulement au siège de l’oeuvre, mais aussi au domicile des malades....Le bâtiment central, sorte d’hôpital pavillonnaire ne paie point de mine et les constructions neuves sont plantées çà et là de guingois.. Mais cet ensemble de constructions vieilles ou neuves offre au visiteur surpris un édifiant spectacle : plusieurs laboratoires, dirigés par des médecins que l’on remercie plus qu’on ne les rémunère, mais que l’on équipe à souhait : appareil de radiographie, appareil pour les applications de radium, appareils pour les rayons ultra-violets. En 1929, les examens radioscopiques ont été de 2500 environ, les analyses diverses de 1872. Plus de 80 tuberculoses ont été diagnostiquées. Et si les maladies des voies respiratoires sont les plus fréquemment soignées, toutes les autres le sont aussi, y compris les maladies vénériennes et le cancer, dont le dépistage occupe un médecin, lequel a son cabinet de consultation et sa salle d’examen...

Une consultation prénatale a été ajoutée à la pesée des nourrissons ; en 1929 elle a eu 53 séances ; les consultations ont été de 500, et les pesées de nourrissons de 1430.

Une garderie d’enfant est ouverte au coeur de l’oeuvre : 70 enfants y sont recueillis actuellement de 7 heures du matin à 17 heures. Et de plus, comme Malakoff est très étendu, comme les mères et les enfants sont éloignés ne pourraient venir que difficilement au 51 rue Gambetta, a été installé au Clos Montholon une consultation périodique des nourrissons...

Mais faire de la médecine sans faire de l’hygiène, et de l’hygiène sans faire de la morale, individuelle ou sociale, soeur Félicité et le conseil de l’Association ont bien compris cette solidarité de toutes les disciplines qui contribuent au bon ordre des collectivités en accroissant le bien-être des individus. C’est ainsi qu’on été créés des patronages pour les garçons et les filles, un atelier d’apprentissage pour les fillettes sortant de l’école, des cours de français, d’anglais, de dessins, un bureau de renseignements gratuit pour les demandes et les offres d’emploi... et en 1929 la dernière réalisation, une colonie de vacances à Rantigny, dans l’Oise...

Vous désirez avec raison honorer et récompenser dans les oeuvres de bienfaisance autre chose que le succès ou la méthode : vous désirez, conformément à l’intention des donateurs et donatrices du prix Audiffred, rendre hommage et prêter concours à l’énergie tour à tour vaillante ou patiente, au dévouement qui oublie ses intérêts matériels. De cet abnégation, de cet héroïsme obscur ou silencieux, nul n’a plus de besoin que les femmes de l’oeuvre dont je viens d’avoir l’honneur de vous présenter. Et c’est donc en toute conscience que notre commission du prix institué par madame Audiffred pour le dévouement et le courage, sous quelque forme que ce soit, attribue le montant total de ce prix de 15000 francs, au dispensaire Marie-Thérèse de Malakoff... »

Rapporteur de la commission du prix Audifredd 1930, Alfred Rébelliau, membre de l’Académie, historien spécialiste de l’histoire des idées religieuses. Séance du 5 juillet 1930

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1) A noter que l’Académie des Sciences morales et Politiques a de nouveau primé l’Association Marie-Thérèse par le prix de vertu (dévouement et bienfaisance) en 1938 et par le prix Mazeron en 19xx

2) Textes complets numérisés par la Bibliothèque Nationale et accessibles dans la base de données Gallica.


Salle de consultation de médecine générale au dispensaire Marie-Thèrèse dans les années 1920-1930

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Le dispensaire trouve sa place dans la ville
Les années 1920-1940

Dès sa création officielle l’Association Marie-Thérèse se préoccupe de plusieurs fléaux qui touchent de près la population ouvrière de Malakoff : la mortalité infantile, la tuberculose, les maladies vénériennes et l’hygiène mentale, le cancer. Il devient un centre anti-syphilis, ouvre des consultations médicales pour les enfants, se lance dans la prévention du cancer...

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Dès sa création officielle l’Association Marie-Thérèse se préoccupe de plusieurs fléaux qui touchent de près la population ouvrière de Malakoff : la mortalité infantile, la tuberculose, les maladies vénériennes et l’hygiène mentale, le cancer. Il devient un centre anti-syphilis, ouvre des consultations médicales pour les enfants, se lance dans la prévention du cancer...

A côté du dispensaire, une série d’activités sont proposées aux jeunes et aux familles : garderie d’enfants, patronage pour les filles et les garçons, colonie de vacances à Rantigny dans l’Oise pour les filles, enseignement ménager, couture...

1920

Plus de 300 enfants sont inscrits à la garderie de la rue Gambetta. L’ancienne écurie est devenue trop petite.

Cette même année, sur 281 naissances à Malakoff, on notait le décès de 43 enfants de 0 à 1 ans et de 28 de 1 an à 19 ans. Confrontée à cette dure réalité l’Association Marie-Thérèse décide d’ouvrir une consultation d’enfants au dispensaire avec un médecin dédié.

1921

Affiliation du dispensaire à la Croix-Rouge et les Secours aux Blessés Militaires (SBM)

3 décembre : le dispensaire est agrée comme Dispensaire d’Hygiène Sociale, une reconnaissance officielle de son action sanitaire et sociale par les Pouvoirs Publics. C’est une étape importante dans l’expansion des activités du dispensaire.

Le dispensaire assure alors à Malakoff la fonction de dispensaire antituberculeux. Il accueille en un an 1260 malades montrant la gravité de cette maladie dans le milieu populaire de Malakoff et les conséquences sanitaires de la guerre de 14-18.

Parallèlement, l’ouverture d’un service de médecine générale permet d’accueillir en consultation dès la première année 1196 malades.

Les autres activités sont également en forte progression : 6980 visites de soins à domicile, 351 consultations de nourrissons au cours desquelles ont été pratiquées 1004 pesées. Dans le rapport moral de l’Association Marie-Thérèse, madame Thérèse d’Aremberg, la Présidente, note avec satisfaction une diminution de la mortalité infantile à Malakoff pour l’année 1921. Sur 270 naissances, 24 décès d’enfants de 0 à 1 ans, et 20 décès de 1 an à 19 ans.

Les soeurs de Saint-Vincent de Paul principalement, continuent d’assurer sans relâche les visites et les soins à domicile : 6980 sur l’année. Elles sont toujours les seules à le faire à Malakoff (1).

1922

Les consultations des nourrissons par les femmes du quartier nord de Malakoff ont beaucoup progressé au dispensaire, encouragées par les soeurs visiteuses dans les familles et la propagande de l’Office National d’Hygiène Social. La confiance des familles se généralise. La salle utilisée au dispensaire est devenue trop petite. On organise les locaux en attendant mieux pour donner un espace plus vaste à l’accueil des femmes avec leurs enfants.

Sur les 365 nourrissons suivis au dispensaire trois décès seulement sont constatés en 1922, ce qui est considéré comme un bon succès pour les consultations prénatales et les conseils d’hygiène et d’éducation donnés aux jeunes mamans. .

En même temps l’Association Marie Thérèse ouvre une succursale de la consultation à l’autre extrémité de la commune de Malakoff, dans le quartier du Clos Montholon proche du Fort de Vanves qui s’urbanise. Ce nouveau quartier accueille notamment des familles de chiffonniers obligées de quitter la zone des fortifications de Paris.

Toutes ces activités sont rendues possibles grâce à de généreux donateurs, des quêtes dans les paroisses avec un réseau de Dames bienfaitrices des quartiers chics de Paris, les ventes de charité...l’association recueille suffisamment de fonds pour développer ses oeuvres. Un don important de madame et monsieur Watel permet d’envisager la construction d’un petit bâtiment pour assurer une garderie d’enfants, autre problématique rencontrée par les femmes qui travaillent de plus en plus depuis la Première Guerre Mondiale.

Au dispensaire tout s’accélère, les consultations médicales progressent encore durant l’année 1922 avec l’accueil de 2 923 malades.

Le recueil des données sanitaires font alors apparaître un fléau en nette progression : le cancer. Mais ce n’est que depuis la Grande Guerre que la lutte contre le cancer à pris, en France, une organisation méthodique. Pour répondre aux attentes des malades l’Association Marie-Thérèse décide une affiliation à la Ligue Franco-Anglo-Américaine contre le cancer.

Le dynamisme de l’action sanitaire et sociale dans ce secteur de Malakoff ne passe pas inaperçue. Le 25 février l’Académie des Sciences Morales et Politiques décerne à l’Association Marie-Thérèse le Prix Thorlet (4000 francs), prix d’encouragement « pour l’intérêt social et moral que représente l’ensemble des oeuvres de l’Association Marie-Thérèse.. »

L’oeuvre sociale en direction de la jeunesse se poursuit également. A l’extrémité du dispensaire antituberculeux, l’Association Gambetta (structure sociale du dispensaire) construit une salle de patronage, avec galerie anglaise.

1923

Le 28 janvier est organisée sous la présidence de Monsieur Fourquemin, maire de Malakoff, une conférence-projection de propagande antituberculeuse qui attire beaucoup de monde et rassemble pour la première fois plusieurs élus de la municipalité.

Le 3 avril a lieu l’ouverture d’une garderie d’enfants dans une nouvelle construction « la salle Saint-Paul » construite grâce au don de Mme et Mr Watel. L’équipement en matériel du dispensaire s’améliore aussi. Un don anonyme permet l’achat d’un appareil de radiologie rendant possible la création d’un service de radiographie.

Une maison plus grande et plus fonctionnelle avec un étage pour héberger les soeurs de la communauté est en construction dans le prolongement du bâtiment du dispensaire. L’architecte impressionné par l’oeuvre Marie-Thérèse reverse même une partie de ses honoraires à l’Association.

1924

Le 10 août, l’Association Marie-Thérèse est reconnue comme Etablissement d’Utilité Publique par un décret signé de Gaston Doumergue, Président de la République. Ce même décret autorise l’affectation de huit religieuses de la congrégation des Filles de la Charité de Saint-Vincent de Paul au dispensaire Marie-Thérèse. La Reconnaissance d’Utilité Publique est une consécration officielle des efforts de l’Association Marie-Thérèse pour la population du quartier nord de la ville. Les chiffres de son développement sont significatifs pour l’année 1924, soit six ans après la création officielle du dispensaire.

Pour le dispensaire antituberculeux, 319 familles sont inscrites pour lesquelles ont été assurées 2366 consultations, 484 examens radioscopiques ont été effectés et 264 analyses de crachats. Les visites aux familles de tuberculeux ont atteint 2702. 87 placements de malades dans les hôpitaux ont été assurés. Le dispensaire de médecine générale lui aussi marche fort avec 1553 consultations et 2961 soins prodigués. La consultation des nourrissons attire toujours plus de jeunes mères de famille, 538 consultations sur l’année et 1710 pesées.

Les soeurs infirmières battent leur record de visites à domicile :10344. Pour elles, en octobre, leur vie quotidienne s’améliore, elles s’installent dans le nouveau bâtiment, spacieux et fonctionnel qui jouxte le dispensaire.

1925

Le 12 février le dispensaire est affilié à la Société de la Croix Rouge (secours aux blessés militaires) comme poste de secours.

Création d’un service O.R.L (otho-rhino-laryngologie). De son côté, la nouvelle municipalité ouvrière ouvre un petit service de soins dans l’ancien séchoir de la crèche, avenue du Président Wilson.

L’Académie des Sciences Morales et Politiques récidive dans son soutien à l’oeuvre et décerne le Prix Honoré de Sussy (4000 francs) à l’Association Marie-Thérèse pour « ses actes de dévouement et de bienfaisance ».

26 novembre : les inspectrices de l’Office Publique d’Hygiène Sociale de la Seine effectuent pour la première fois une visite du dispensaire Marie-Thérèse. Elles font un éloge appuyé de la qualité des locaux et des soins apportés aux malades.

1926

La zone des fortifications est annexée à Paris. Malakoff perd une partie de son territoire ce qui oblige à la renumérotation de certaines rue morcelées en deux parties comme la rue Gambetta. L’ensemble des bâtiments du dispensaire, de la maison des soeurs, des oeuvres sociales situées aux numéros 91,93,95, changent pour prendre ceux de 47, 49, 51, 53, 55.

L’Association Marie-Thérèse obtient six minutes d’émission à la TSF pour parler de l’oeuvre. Une première alors que la radio devient populaire. 1500 francs de dons arrivent après cette émission.

1927

Le dispensaire s’engage dans la première campagne nationale de propagande en faveur de la prévention contre la tuberculose : la vente du timbre antituberculeux conçu comme une vignette éducative qui a pour mission d’instruire le public sur les caractères de la maladie, de l’informer sur la nécessité de la prévention et de l’éducation (2)

Création d’un service de rayons ultra-violets.

L’Association Gambetta décide la construction d’un bâtiment destiné au patronage, complètement séparé du dispensaire. De ce fait, des salles sont libérées. Elles sont aussitôt transformées et reprises par le dispensaire qui s’agrandit.

1928

Huit médecins sont désormais attachés au dispensaire, six infirmières vont à domicile et font durant l’année 14855 visites (ventouses, piqûres, pansements, prises de sang et prélèvements divers pour le laboratoire, en particulier des prélèvements de la gorge car la diphtérie fait des ravages parmi la population de Malakoff).

L’équipement médical se poursuit avec l’acquisition d’un second appareil de radio, la création d’un laboratoire d’analyses médicales, l’ouverture d’une consultation prénatale et d’un centre de piqûres d’anatoxine contre la diphtérie

De son côté, l’Association Gambetta (structure sociale du dispensaire) organise un atelier d’apprentissage de couture et d’enseignement ménager avec cours de français, d’anglais, de dessin et de sténo-dactylographie. Cet atelier occupe les locaux laissés libres par la communauté des soeurs au 47-49 rue Gambetta.

Poursuivant ses efforts pour l’enfance l’association met en place une garderie d’enfants de 7h du matin à 17h (70 enfants de 2 à 7 ans sont accueillis). Parallèlement sont organisées des réunions mensuelles qui attirent plusieurs centaines de mères de famille pour échanger des conseils ou se rendre des services.

Enfin, sur le terrain de l’oeuvre l’association fait construire un préau « qui permettra aux enfants de rester au grand air, malgré les intempéries ».

Dix ans après leur création le dispensaire et les oeuvres sociales sont en plein développement.

1929

Soeur Félicité Beauvois attachée à l’action sociale envers les jeunes filles de Malakoff propose au Conseil d’Administration l’idée d’une acquisition par l’oeuvre d’une propriété pour créer un préventorium/colonie de vacances aux environs de Paris.

Dans son rapport moral l’association se félicite de l’étroite collaboration qui la lie aux médecins de Malakoff. « Ils ont pris l’habitude de nous adresser leurs malades, soit pour avis, soit pour une radioscopie, soit pour un examen de laboratoire, soit pour un traitement. C’est ainsi que nous sommes devenus un véritable centre anti-siphylistique, tant par les réactions de B.W, que nous ne pratiquons que par les traitements alors que nous les assurons sans même avoir créé encore une consultation... 

La conférence du Docteur Proust sur le cancer a obtenu un grand succès. Mais il ne suffit pas de proclamer le danger, encore faut-il donner à tous le moyen de le prévoir, de l’éviter et si nécessaire de le soigner. Aussi, à une époque ou ce fléau social se développe à une allure inquiétante, l’association s’interroge sur la création au dispensaire d’un centre anticancéreux. 

1930 

13 janvier : Suite à la proposition de soeur Félicité Beauvois le Conseil d’Administration approuve l’achat d’une propriété pour y créer une colonie de vacances « un préventorium » à Rantigyy dans l’Oise, à 60 kilomètres de Paris. Le 20 janvier l’Assemblée Générale de l’Association Marie-Thérèse valide l’acquisition. Après des travaux d’adaptation, la propriété accueille durant l’été la première colonie composée de 45 jeunes filles.

Une consultation de lutte contre le cancer est ouverte. L’opération qui coûte 63.130 francs demande un gros effort financier à l’association.

Le dispensaire s’engage dans la lutte contre le « péril vénérien » car à côté de ses dangers individuels, la syphilis exerce ses méfaits sur la famille et les enfants. La syphilis est la plus redoutable des affections vénériennes produite par la contagion et en forte progression. Le dispensaire propose des consultations, des injections, des réactions en laboratoire. Le service anti-vénérien dirigé par les docteurs Tassin et Thoyer devient rapidement très actif avec 523 consultations dès la première année. Les soeurs infirmières avec une moyenne de 14000 visites chaque année, par leurs contacts permanents avec les familles, par les confidences qu’elles reçoivent arrivent à décider les malades à se faire soigner au dispensaire et à changer les mentalités sur cette maladie réputée « honteuse ».

Le nombre de consultations au dispensaire poursuit sa progression avec 9 431 personnes accueillies. Les visites, avec soins et pansements, faites à domicile par les infirmières du dispensaire s’élèvent à 13 965.

Mise en application de la Loi du 5 avril 1928 créant les Assurances Sociales qui sont des caisses professionnelles pour garantir les travailleurs contre les risques qui les menacent.

Le 5 juillet l’Académie des Sciences Morales et Politiques décerne à l’Association Marie-Thérèse le Prix Audiffred (15000 francs) destiné aux oeuvres de dévouement et de courage « admirablement mis en oeuvre par le dispensaire Marie-Thérèse de Malakoff.. » Ce prix apporte à l’Association Marie-Thérèse une force morale et l’accroissement de son prestige dans le monde médical et de la bienfaisance.

Installation du chauffage central à la garderie qui procure un nouveau bien-être dans un espace réputé très mal chauffé. L’accueil des enfants est considérablement amélioré pendant la période d’hiver.

1931

Le rapport moral de l’Assemblée Générale de l’Association Marie-Thérèse précise « Nous craignions des difficultés, de grosses complications du fait des assurances sociales. Les difficultés se sont trouvées réduites à un travail supplémentaire. Ceci mis à part, nous avons eu des facilités avec les Caisses, dont certaines, parmi les plus importantes, sont venues d’elles-mêmes nous trouver, ce qui parle en faveur de nos dispensaires ».

1932

Dans les locaux des patronages, deux salles sont transformées en salles de classe (garçon-filles). Elles fonctionneront jusqu’en 1935.

Don important en provenance du Paris Mutuel qui accorde à l’Association Marie-Thérèse 100 000 francs pour développer les services du dispensaire.

1933

Ouverture d’une consultation d’ophtalmologie

La salle Saint-Paul sert de réunion aux groupes de Jocistes de Malakoff (Jeunesse Ouvrière Chrétienne), mouvement en plein développement en Région Parisienne.

La garderie continue à rendre de grands services aux mères : 102 enfants y sont inscrits.

La grande crise de 1929 a particulièrement éprouvée la population de Malakoff qui s’en remet difficilement. Le rapport moral de l’Assemblée Générale de l’association s’inquiète des lois et des projets de lois qui s’amoncellent et des tracasseries administratives.

"Il faut être au courant de tout, se débrouiller dans un inextricable maquis de textes contradictoires...et ne jamais être pris en défaut. La vie des oeuvres est devenue âpre, difficile"

1934

En décembre, ouverture officielle légale de l’école technique industrielle

1935

La Caisse de Compensations demande à l’Association d’organiser dans ses locaux des séances de gymnastique médicale.

Après 23 ans de présence à Malakoff soeur Félicité Beauvois quitte le dispensaire qu’elle avait créé en 1918 avec l’aide de Madame Thérèse d’Arembert. Elle est remplacée à la tête de la Communauté par Soeur Falk.

1936

Adhésion du dispensaire à l’Union des Institutions Privées dans la section « Lutte contre les fléaux sociaux ».

La colonie de Rantigny accueille durant l’été 76 enfants ce qui représente 3192 journées de présence.

Monsieur Duverny fait don à l’Association Marie-Thérèse du terrain de 1300M2 situé à l’angle de la rue Gambetta et Alsace-Lorraine (aujourd’hui Maréchal Leclerc).

1937

La population de Malakoff a légèrement changé. Au fur et à mesure que disparaissent les maraîchers, les éleveurs, les champignonnistes, arrivent des ouvriers dont un certain nombre sont Italiens ou des Pays Arabes. Le dispensaire constate en même temps une recrudescence de la tuberculose. Il apparaît également que le tiers des enfants qui passent au dispensaire donnent des signes de difficultés psychologiques.

L’agrément du dispensaire est signé par les Caisses d’Assurances Sociales.

1938

En septembre, la crise des Sudètes déclenche en France une pré-mobilisation et une grande inquiétude dans la population. Cette crise, au cours de laquelle la menace d’une guerre grandit d’heure en heure, voit son dénouement avec la signature des accords de Munich. Les réservistes sont progressivement libérés au début octobre. L’alerte passée, l’angoissante incertitude du lendemain persiste. Aussitôt des cours de secourisme sont organisés au dispensaire.

Grande émotion au dispensaire et à la communauté des soeurs : décès le 2 juin de soeur Félicité Beauvois, fondatrice du dispensaire. Elle avait exprimé le souhait d’être inhumée au cimetière de Malakoff. Sa demande est respectée. Elle est enterrée dans un caveau du cimetière municipal situé dans la partie qui touche le Clos-Montholon (AlléeI).

Agréments du dispensaire par les Caisses d’Assurances Sociales

1939

Septembre 1939 le pays bascule dans la guerre. L’ordre de mobilisation est décrété par le président Lebrun le 1er septembre. Le patronage accueille en urgence les enfants revenus précipitamment des colonies de vacances. Dans les semaines qui suivent alors que les besoins sanitaires sont les mêmes qu’en temps de paix, beaucoup de médecins étant mobilisés, les malades ne savent pas à qui s’adresser dans la ville de Malakoff et refluent vers le dispensaire.

Tous les services de la commune de Malakoff sont désorganisés. Les assistantes scolaires ne sont plus là pour suivre les enfants et conseiller les familles. Le personnel du dispensaire remédie à cet inconvénient. Mais au dispensaire, la situation est aussi difficile. Trois infirmières sont affectées aux hôpitaux de Fontainebleau et d’Angers. A la demande de l’Office d’Hygiène Sociale de la Seine, deux soeurs sont désignées pour suivre des cours sur la Défense Passive.

Un atelier de confection militaire est monté conjointement à l’atelier professionnel existant.

La colonie de Rantigny dans l’Oise est réquisitionnée pour accueillir les réfugiés, qui ne viendront jamais, puis pour une infirmerie. La propriété est en définitive occupée par le Parc de matériel d’artillerie N1 et 200 militaires.

Dessin illustrant l’ensemble du site de l’Association Marie-Thérèse rue Gambetta dans les années 1930 (échelle non respectée) Archives CMT

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1) Le développement des dispensaires en France a conduit à la création d’un nouveau corps de personnel sanitaire « l’infirmière visiteuse » chargée de se rendre dans les foyers. Elle prodigue des conseils aux mères et oriente les malades vers les institutions de soins. Pour les religieuses de Saint-Vincent de Paul, c’était depuis la fondation de leur Congrégation la base même de leur engagement.

Après la Seconde Guerre Mondiale l’infirmière visiteuse change de nom et de statut et devient « l’assistante sociale » car la part administrative de la profession s’est considérablement accrue.

2) Le dispensaire s’engagera chaque année dans la diffusion du timbre. Sur l’histoire du timbre antituberculeux voir l’étude d’Arlette Mouret : l’imagerie de la lutte contre la tuberculose. Les Cahiers du Centre de Recherches Historiques (En ligne).

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CENTRE DE SANTE MARIE-THERESE
Le dispensaire en première ligne dans la lutte anti-vénérienne à Malakoff
Les années 1930-1936

La syphilis considérée très longtemps comme une maladie honteuse est la plus redoutable des affections vénériennes produite par la contagion. A côté de ses dangers individuels, la syphilis exerce ses méfaits sur la famille et les enfants. Le dispensaire Marie-Thérèse s’engage très tôt dans la lutte contre « le péril vénérien » : visites à domicile, consultations, injections, réactions en laboratoire.. le dispositif est au point, le nombre de patients importants.

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La syphilis considérée très longtemps comme une maladie honteuse est la plus redoutable des affections vénériennes produite par la contagion. A côté de ses dangers individuels, la syphilis exerce ses méfaits sur la famille et les enfants. Le dispensaire Marie-Thérèse s’engage très tôt dans la lutte contre « le péril vénérien » : visites à domicile, consultations, injections, réactions en laboratoire.. le dispositif est au point, le nombre de patients importants.

Dans les années 1930 le service anti-vénérien du dispensaire Marie-Thérèse dédié à la syphilis dirigé par les docteurs Tassin et Thoyer est très actif. Les soeurs infirmières avec une moyenne de 14000 visites à domicile chaque année, par leurs contacts permanents avec les familles, par les confidences qu’elles reçoivent arrivent à décider les malades se faire soigner au dispensaire. L’utilisation de fiches individuelles permet de suivre le malade et son entourage, de surveiller l’évolution de la maladie, les conditions d’hygiène...

Depuis quelques années déjà la réputation et le sérieux du dispensaire ont balayé les réticences et les craintes des médecins privés de la ville. Seul centre anti-vénérien à Malakoff ils renvoient vers le dispensaire Marie-Thérèse leurs propres malades dépistés dans leurs cabinets soit pour un examen en laboratoire, soit même pour un traitement.

Le dispensaire étant agréé, des surintendantes (Assistantes Sociales d’entreprises) demandent de continuer au dispensaire ou par les infirmières à domicile des traitements commencés ou indiqués dans différents centres du Canton.

Le bilan statistique 1930-1936 est donc particulièrement élevé concernant les injections et les réactions Bordet-Wassermann en laboratoire qui permettent de rechercher les anticorps contre la syphilis.

Sources : Rapport au Préfet de la Seine, 9 juillet 1937. Archives CMT B2


Affiches de la campagne de lutte contre les maladies vénériennes dans les années 30

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La guerre et l’occupation perturbent les activités du dispensaire
Les années 1940-1945

Toutes les oeuvres de la rue Gambetta fonctionnent normalement durant les cinq premiers mois de l’année 1940, sauf la garderie d’enfants fermée faute d’abri anti-aérien suffisant. La consultation cancer est suspendue par la suite de la mobilisation du docteur de Nabias. C’est le début de cinq années difficiles pour le dispensaire qui va devoir faire face aux difficultés internes et aux demandes de soins des malades

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Toutes les oeuvres de la rue Gambetta fonctionnent normalement durant les cinq premiers mois de l’année 1940, sauf la garderie d’enfants fermée faute d’abri anti-aérien suffisant. La consultation cancer est suspendue par la suite de la mobilisation du docteur de Nabias. C’est le début de cinq années difficiles pour le dispensaire qui va devoir faire face aux difficultés internes et aux demandes de soins des malades

L’Association Marie-Thérèse décide de continuer ses activités avec les Pouvoirs Publics et la Mairie collaborationniste de façon « à rendre tous les services possibles à la population qui vit des moments difficiles ».

Madame Thérèse d’Arenberg et madame Salmon tentent de combler les vides comme elles peuvent notamment pour les visites à domicile fortement perturbées par l’absence de deux soeurs de la communauté de Saint-Vincent de Paul envoyées en urgence renforcer une communauté à Angers.

Les bombardements du lundi 3 juin 1940 par l’aviation allemande visant à détruire les unités de l’Armée de l’Air Française et les sites industriels importants autour de Paris touchent Malakoff. 33 bombes explosent sur la commune et font trois morts et endommagent plus de 110 immeubles.

Fuite éperdue des habitants de Malakoff

Le 8 juin 1940, à la nouvelle de la dislocation totale du front français, l’exode de la population du Nord de la France s’intensifie, et une évacuation massive commence à Paris. En cinq jours la capitale est vidée de ses habitants. A Malakoff aussi c’est la fuite éperdue des habitants le 8 et le 13 juin. La population est réduite à 6000 habitants.

Le président de l’association décrit cette période lors de l’Assemblée Générale : « Pendant ces heures de démence collective aucune parole de raison ne pouvait pénétrer dans les cerveaux affolés... Au bout de quelques jours voyant les horreurs de la grande route, les souffrances accumulées, les plus sages des fuyards reviennent à Malakoff. Mais quels retours ! Nous retrouvons des êtres exténués, quelques-uns blessés, beaucoup ayant tout perdu. Très vite nous organisons un vestiaire pour les plus démunis avec l’aide du Secours National (1) et la distribution de produits de première nécessité comme le savon, les légumes secs... avec l’aide de la Croix Rouge pour les familles ayant tout perdu durant l’exode ainsi que pour les refugiés du Nord de la France, échoués en grand nombre à Malakoff et dénuées de tout. Un petit atelier de tricots est ouvert pour les femmes sans ressources....Mais le dispensaire se retrouve sans médecins, tous sont repliés sauf Mademoiselle Lambert. Elle ne pouvait assurer la consultation des voies respiratoires et les malades attendaient leurs insufflations de pmeumo-thorax. Grâce au Secours National nous obtenons le concours du docteur Chatourne une fois par semaine... » Les médecins reviendrons les uns après les autres à partir du mois d’octobre.

Le 21 juin une soupe populaire est organisée à la demande de la municipalité. Elle durera jusqu’à ce que la commune organise à son tour des restaurants et des cantines avec l’aide du Secours National.

En septembre trois soeurs du dispensaire sont mobilisées pour convoyer des trains d’évacués. A plusieurs reprises elles font des voyages éprouvants ou la présence d’infirmières est indispensable.

Pour l’Association Marie-Thérèse, suite aux ordonnances allemandes, il n’est plus possible de réunir l’Assemblée Générale annuelle. Les pouvoirs du Conseil d’Administration sont prorogés sans date de fin.

Soeur Falk la responsable de la communauté des soeurs de Saint-Vincent de Paul quitte Malakoff le 22 février. Elle est remplacée par soeur Paule Guérin-Long

 1941

Toute la population qui avait quitté la ville par crainte des allemands est rentrée. Pour le dispensaire le plus gros problème est celui du financement des services de santé et le bon fonctionnement des oeuvres sociales alors que les prix ont été décuplés. Face aux difficultés de la population dans sa vie quotidienne les médecins qui reçoivent en consultation des malades constatent qu’ils montrent malgré tout de la fierté et du courage. Un médecin rapporte que dans l’une de ses consultations à la question habituelle pour remplir la fiche personnelle « Avez-vous bon appétit ? une patiente répond avec un sourire « oh ça, si seulement on pouvait le contenter ? » En effet, la faim et le froid, sans combustible, représentent pour la population de Malakoff les principaux problèmes de cette année de guerre et d’occupation nazie. Dans les rapports de consultations, tous les médecins du dispensaire constatent la perte de poids des hommes : « nous recevons en consultation dit l’un d’eux des gens qui viennent uniquement poussés par l’inquiétude de leur amaigrissement. Nous constatons aussi, surtout chez les jeunes, l’augmentation des cas de tuberculose rapidement évolutive. Par ailleurs, la mortalité des vieillards a augmenté également à Malakoff durant l’hiver... » victimes eux aussi de la sous-alimentation, de leur fragilité économique et souvent de leur isolement.

Bref les conditions sanitaires et sociales sont difficiles et fragilisent la population. (2). Le dispensaire Marie-Thérèse doit donc faire face seul tout en étant confronté aux départs de certains médecins qu’il a fallu difficilement remplacer notamment en médecine générale et en oto-rhino-laryngologie. Malgré tout le dispensaire arrive à développer le service des soins et pansements avec le docteur Mouillé qui assure tous les quinze jours des consultations de petite chirurgie. L’établissement arrive même à se faire agréer par la Caisse interdépartementale des Assurances Sociales de la Seine et Seine-et-Oise pour ses consultations prénatales. Le service de radiologie avec un matériel très ancien reste efficace et permanent pour les malades tuberculeux. Pour fonctionner le dispensaire bénéficie heureusement de subventions accordées par le Secours National (1), la Reconnaissance Française, la Croix Rouge et quelques donateurs privés.

Mais la couverture médicale sur Malakoff reste précaire car il n’y a toujours pas de consultations médicales au dispensaire municipal bien que la plupart des travaux de construction ont été achevés en 1939. Il n’a pas été ouvert par la nouvelle municipalité collaborationniste mise en place par le Préfet de la Seine aux ordes du gouvernement de Pétain.

 Pour faire face à la pénurie alimentaire et le nombre de personnes sans ressource, une soupe populaire est ouverte en attendant la création d’une soupe populaire municipale.

1942

Le dispensaire est déclaré poste de secours intermédiaire pour accueillir les blessés et les évacuer en cas de besoins vers les hôpitaux. Il est établit avec le concours de la Croix Rouge et le service de la Défense passive.

Les consultations des nourrissons n’ont toutefois pas cessé, elles bénéficient de l’intégration du dispensaire dans le dispositif de « la goutte de lait » oeuvre de médecine sociale.

Les consultations des nourrissons au dispensaire et au Clos Montholon sont mêmes augmentées et passent hebdomadaire au lieu de deux par mois. Car en effet il y a urgence, le pays est traversé depuis le début de la guerre et l’occupation par une crise de la maladie infantile due aux graves pénuries alimentaires, la sous-alimentation des femmes enceintes liées aux rations insuffisantes, à la mauvaise qualité du lait frais liée aux difficultés de transports et aux mauvaises conditions de pasteurisations. Tout cela provoque chez les nourrissons des gastro-entérites qui n’étaient pas observées depuis près de 40 ans (2)

Par contre les oeuvres de plein air ont de la peine à subsister alors que les enfants jusqu’aux adolescents sont particulièrement vulnérables à la malnutrition et aux mauvaises conditions d’hygiène. L’organisation de la traditionnelle colonie de vacances à Rantigny dans l’Oise ne peut avoir lieu. En effet l’immeuble de la colonie Marie-Thérèse a subi de gros dégâts depuis le commencement des hostilités. Le mobilier et la plupart du matériel a disparu ou en grande partie inutilisable.

1943

Le Conseil d’Administration de l’Association Marie-Thérèse est très inquiet car le nombre de malade qui se présente au dispensaire atteint des chiffres records. Les finances ne suivent pas et le personnel médical est débordé. Les locaux deviennent trop petits pour accueillir toutes les personnes qui demandent des soins médicaux. Mais grâce à l’esprit de dévouement tous les services redoublent d’effort « et font des miracles ».

La propriété de Rantigny tombée dans un état déplorable bénéficie d’une belle opportunité suite à la demande de la Compagnie de chauffage et d’éclairage d’une location après une remise en état des locaux à ses frais.

1944

Le dispensaire est devenu un poste de secours de surface ce qui étend son rôle médical. A partir du mois de mai 1944 les difficultés s’accroissent au dispensaire. Les restrictions de gaz rendent le problème des stérilisations presque insoluble. Les coupures d’électricité de plus en plus nombreuses font valser les heures de consultations médicales de 14 heures à 10 heures, puis à 20 heurs pour revenir à 17 heures...

Il faut se résigner à laisser dormir les appareils de radiologie et de rayons ultras violets, faute de courant. Par contre, la consultation de tuberculose n’est pas supprimée, et toujours assurée par un médecin au moins, auscultant et entretenant les pmeumo-thorax.

L’hiver venu, c’est le manque de charbon qui fait souffrir. Le froid rend les consultations aussi pénibles pour les malades que pour le personnel médical et infirmier. Il faut fermer la salle de cancer devenue une glacière et se replier dans le petit cabinet de médecine générale, plus facile à dégeler.

Un des points inquiétant de cette année 1944 est celui de l’alimentation des tout-petits. En raison de la pénurie de transports, l’arrivage en lait frais est compromis, on manque de lait condensé, on manque de combustible pour faire chauffer les biberons, les bébés souffrent et les mères s’affolent. Le dispensaire accepte alors au mois de mai, sur demande de la Préfecture, de devenir marchand de lait. La vente de ce précieux produit demande des garanties que ne présentent plus les commerçants.

De son côté la municipalité demande à l’Association Marie-Thérèse de recueillir les enfants, de les garder pendant les mois d’été sans classe et de leur donner le repas de midi, un travail supplémentaire accepté malgré l’absence d’abri anti-aérien sur place source d’angoisse notamment le 19 mai lorsque le canon et les mitraillettes ébranlaient tout le secteur de Malakoff et de Paris.

La population vit dans l’inquiétude alors qu’elle aurait dû vivre dans la joie débordante en cette période de Libération. Ce fut le point culminant des difficultés matérielles : plus de gaz, presque plus d’électricité, eau réduite, plus de ravitaillement, plus aucun moyen de transport. Craignant une disette totale les pouvoirs publics avaient prévu plusieurs plans de détresse. L’Association Marie-Thérèse avait été désignée comme centre de distribution d’aliments cuits. Défilent alors toutes les familles du quartier apportant leur feuille d’inscription. On coupa, on colla pendant trois jours avec le sentiment que ce travail n’était qu’une distribution d’illusion puiqu’aucune réserve de vivres ne correspondait aux tickets. Ce mirage de nourriture entretint toutefois l’espérance et donna à la population l’énergie de tenir...

Les évènements de la Libération paralysent certains services mais en général les activités du dispensaire ont tenu et les statistiques de l’année montrent la volonté de l’association et de l’ensemble des personnels de répondre aux besoins médicaux de la population. 385 nouvelles familles se sont inscrites au dispensaire antituberculeux qui a effectué 2890 consultations. En médecine générale 2294 consultations ont été assurées, 1434 pour le service cancer. La petite chirurgie a effectué 29509 soins et autres piqures. Les visites à domicile n’ont jamais cessé et ont atteint les 25955 auprès de 2262 familles. Le Service Social de son côté a pris en charge 1318 familles. Une année à l’histoire exceptionnelle au coeur de laquelle « nous avons servi » rapporte le compte rendu de la Présidente Madame d’Aremberg. au Conseil d’Administration de l’Association Marie-Thérèse.

De son côté après la Libération le futur dispensaire municipal commence à accueillir des patients.

1945

C’est le retour des prisonniers et des déportés. L’Association des prisonniers de Malakoff demande à l’Association Gambetta (l’oeuvre sociale du dispensaire) de lui prêter sa grande salle du patronage pour les accueillir. Pendant les quatre mois d’été, environ 4000 hommes sont accompagnés, débarquant d’Allemagne. Ils restaient peu de temps. L’association ne s’occupait pas de leur nourriture, mais les personnes accueillis pouvaient utiliser les services médicaux du dispensaire. Beaucoup d’anciens prisonniers seront donc pris en consultation car désirant confirmer la visite médicale passée rapidement aux frontières. Chez la plupart des hommes, pour qui au début leur arrivée était marquée par la joie du retour, les médecins constatent un affaiblissement physique et moral préoccupants.


Accueil des prisonniers en gare de l’Est

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Sources : 

Archives du Centre de Santé Marie-Thérèse

1) Le secours National est une organisation créée en août 1914 dans l’objectif d’aider les populations civiles à lutter contre les misères nées de la guerre en recueillant des fonds auprès des particuliers et en les répartissant ensuite par l’intermédiaire des oeuvres privées. Reconstituée en octobre 1939 par Edouard Daladier (Président du Conseil de 1939 à 1940) ses objectifs sont les mêmes, mais le financement est élargi par l’octroi de subventions publiques et l’institution d’un contrôle. Pétain le transforme à nouveau par une loi du 4 octobre 1940 et place le Secours National sous sa présidence d’honneur. Le Secours National à la structure très administrative et avec des comités locaux, à la mission de subventionner très largement différents types d’oeuvres (réfugiés, prisonniers, enfance, aide alimentaire 28,7% de son budget en 1941). Il sera toutefois fortement instrumentalisé de la part du gouvernement de Vichy.

2) La vulnérabilité des enfants : les crises de mortalité de 1940 et 1945, de Catherine Rollet et Virginie De Luca. Presse Universitaire de Rennes

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CENTRE DE SANTE MARIE-THERESE
Un acteur sanitaire et social reconnu dans la ville
Les années 1946- 1970

Les malades sont de plus en plus nombreux à se rendre avenue Gambetta, les offres de soins se diversifient, les accords avec les organismes d’Assurances Sociales sont négociés, les équipes de médecins et de personnels de santé se renforcent, tandis que les soeurs infirmières de Saint-Vincent de Paul marquent toujours la vie sociale par leur dévouement. Le dispensaire n’est plus le seul sur la ville depuis la Libération , un dispensaire municipal est enfin ouvert. L’heure est aux équipements nouveaux. Mais la mission reste la même : le service aux malades et les oeuvres sociales notamment pour les jeunes.

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Les malades sont de plus en plus nombreux à se rendre avenue Gambetta, les offres de soins se diversifient, les accords avec les organismes d’Assurances Sociales sont négociés, les équipes de médecins et de personnels de santé se renforcent, tandis que les soeurs infirmières de Saint-Vincent de Paul marquent toujours la vie sociale par leur dévouement. Le dispensaire n’est plus le seul sur la ville depuis la Libération , un dispensaire municipal est enfin ouvert. L’heure est aux équipements nouveaux. Mais la mission reste la même : le service aux malades et les oeuvres sociales notamment pour les jeunes.


1946

Le dispensaire reprend petit à petit l’ensemble de ses activités. On y effectue des travaux de réfection des locaux reportés durant la guerre (réparations diverses, peintures...). Mais l’hiver est rude. Les coupures de courant obligent le dispensaire à mettre les consultations de tuberculose à 7h et demie du soir.

La municipalité de Malakoff de son coté développe des oeuvres sociales envers la prime enfance, les jeunes foyers, les anciens. Elle redynamise ses colonies de vacances, construit des logements sociaux (1ers HBN et HLM).

Le 2 janvier elle ouvre la totalité de son nouveau centre médico-social rue Pierre Larousse dont l’ouverture avait été retardée à cause de la guerre et la dissolution du Conseil Municipal. Lors de l’inauguration officiellement ilprend le nom de Maurice Ténine en hommage à ce jeune médecin résistant fusillé aux côtés de Guy Moquet par les nazis en 1944. Malakoff dispose désormais de deux dispensaires améliorant considérablement l’offre de soins à la population.

1947

Le Conseil d’Administration de l’Association Marie-Thérèse, les soeurs de Saint-Vincent de Paul et l’ensemble du personnel du dispensaire sont ravis. La caisse d’Assurance Maladie crée en octobre 1945 adresse une lettre de félicitation au dispensaire pour « son efficience et son efficacité » dans les services rendus aux malades et la gestion économique de la structure de santé. Même si cela ne règle pas les difficultés, une telle reconnaissance fait plaisir après 30 ans d’activités contre vents et marées.

1948

Le 11 mars l’Association Marie-Thérèse peut enfin renouer avec sa traditionnelle Assemblée Générale qui n’avait pu se tenir depuis 1940. C’est l’occasion de revenir sur les 30 ans d’activité de l’oeuvre.

1949

Les bâtiments de la colonie de vacances sont loués à la mairie de Rantigny qui assure par ailleurs tous les frais de réparation et les impôts. Les bâtiments ne pouvaient plus être utilisés depuis 1939 pour les colonies. Elles sont désormais remplacées par « une colonie sur place » durant la période d’été avenue Gambetta, qui accueille environ 80 jeunes. Pour assurer un meilleur abri du patronage des garçons, un vaste préau est construit.

1950

Le bâtiment historique en carreau de plâtre construit par les fondatrices de l’oeuvre Marie-Thérèse en 1922 disparaît. Depuis plusieurs années il ne servait plus que de vestiaire, mais parce qu’il avait été à l’origine du dispensaire Marie-Thérèse, beaucoup y tenait.

Une colonie d’été arrive encore à se maintenir. Mais les goûts et les comportements ont évolué. Les jeunes souhaitent désormais partir dans des lieux différents chaque année. 27 enfants partent avec l’Association cette année encore.

1951

Bonne nouvelle pour le dispensaire, le laboratoire dirigé par le docteur Gouard est enregistré par la Sécurité Sociale

La communauté des soeurs de Saint-Vincent de Paul est marquée par des changements : Soeur Bentzmann devient nouvelle supérieure et soeur Marie qui s’occupait de l’annexe du dispensaire au Clos Montholon s’en va.

La colonie d’été accueille 38 jeunes filles et la colonie sur place avenue Gambetta fait le plein avec 75 filles et 50 garçons. 20 enfants de deux-ans et demi ayant besoin du grand air sont envoyés dans des familles à la campagne en Anjou.

1952

En octobre démarrage d’une consultation pour les enfants du 2ème âge (2 à 6 ans) exigée par la Sécurité Sociale.

En avril, départ de soeur Paule Guérin-Long qui dirigeait les oeuvres et la communauté des soeurs pour prendre la direction de l’hospice de Sèvres.

Depuis la création de la Communauté des Soeurs de Saint-Vincent de Paul à Malakoff, pour la première fois les religieuses vont se reposer. Elles partent dix jours en vacances dans l’Yonne durant la période d’été, ce qui oblige le dispensaire à trouver une organisation temporaire sans le concours des religieuses infirmières.

1953

Le dispensaire possède deux appareils de radiographie très anciens qui ne disposent pas des perfectionnements modernes facilitant les diagnostiques médicaux. L’achat d’un appareil moderne d’occasion est décidé par le Conseil d’Administration.

Arrivée d’une nouvelle soeur infirmière, soeur Grados.

Une colonie est toujours organisée. Il y a de la demande malgré les belles offres des colonies proposées par la municipalité de Malakoff. Elle accueille 30 jeunes de 8 à 12 ans et 20 jeunes de 12 à 15 ans. La colonie sur place qui devient les prémices d’un « centre aéré » accueille elle 70 filles et 50 garçons.

1954

Une nouvelle soeur de la communauté est retirée du dispensaire pour aller renforcer un service médical dans une autre région. Les soeurs sont de moins en moins nombreuses. Le Conseil d’Administration envisage de fermer l’annexe du Clos Montholon. Finalement la soeur sera remplacée par du personnel de service qui n’exige pas de compétences médicales.

1958

L’Association Marie-Thérèse est affectée par le décès de l’une de ses fondatrices-bienfaitrices Madame d’Aremberg, née Thérèse de la Rochefaucault (1888-1958).

1959

Une école commerciale remplace l’atelier de couture. Mademoiselle Le Pasquier en devient la directrice, ce n’est plus une soeur de Saint-Vincent de Paul qui assure la direction de cette activité qui avait démarré durant la Première Guerre Mondiale. L’école démarre avec une classe de 14 élèves. Les effectifs doubleront chaque année jusqu’en 1962.

1960

La Sécurité Sociale renouvelle ses conventions avec le dispensaire. Elle classe les Centres en catégories, d’après une évaluation des locaux, des équipements et du personnel.

1962

Jusqu’alors le dispensaire travaille en liaison avec l’Office Public d’Hygiène Sociale de la Seine pour les malades atteint de la tuberculose. Le nombre de ces maladies ayant considérablement diminué le dispensaire confie leur prise en charge à un OPHS ouvert à Vanves, à la limite de Malakoff. Il ne subsiste au dispensaire Marie-Thérèse qu’une simple consultation de pneumologie. 

La récupération des locaux et la nouvelle organisation du personnel permet un accroissement des activités du dispensaire. De nouvelles consultations sont ouvertes fonctionnant sur des heures plus adaptés aux horaires des travailleurs. Le service de radiologie est entièrement rénové. Un appareil de radiodiagnostic est acquis ce qui permet au service radiologie de prendre de l’extension malgré l’offre déjà existante au Centre Municipal de santé Maurice Ténine. Il permet d’effectuer tous les examens, y compris ceux de l’appareil digestif.

L’école commerciale à développé ses effectifs et comprend désormais trois classes et 65 élèves.

1963

Classement du centre de santé en A4

1964

Ouverture au dispensaire d’un service de masso-kinésithérapie à des fins de prévention et de rééducation.

1965

Etant donné l’importance toujours croissante des examens de laboratoire et leur complexité, le laboratoire d’analyses du dispensaire est supprimé. Une convention est signée avec le laboratoire d’Arbois, Les prélèvements continuent à être effectués au Centre de Santé Marie Thérèse et à domicile. Les malades bénéficient toujours des avantages du tiers-payant.

1966

Le Centre de Santé assure désormais une belle offre médicale pluridisciplinaire. 13 médecins assurent des vacations régulières.

En janvier le Centre de Santé poursuit son ouverture vers l’extérieur en collaborant avec le dispositif « l’hôpital à domicile ». Soeur Marie-Thérèse, infirmière diplômée fait un stage de spécialisation pour la prise en charge des malades en liaison avec les services hospitaliers et les médecins de ville et les travailleurs sociaux.

Face aux maladies allergiques qui augmentent régulièrement ce qui alerte particulièrement les médecins, une consultation d’allergologie est ouverte au Centre de Santé qui accueille plus de 600 visites sur l’année. Il est également créée une consultation de neuro-psychiatrie pour le traitement des affectations neurologiques, la pédopsychiatrie et la psychogériatrie.

La communauté des soeurs de Saint-Vincent de Paul est affectée par le décès de soeur Elisabeth le 7 mars après avoir soigné les malades au dispensaire pendant 31 ans. L’Assemblée Générale du 14 juin est l’occasion de rappeler la place que tiennent les soeurs de Saint-Vincent de Paul à Malakoff : « Elles ont su rester disponibles et accueillantes durant toutes ces années. Les soeurs qui assurent les soins à domicile apportent au dispensaire leur expérience de la vie des pauvres gens qu’elles côtoient. Elles connaissent leurs misères cachées. Elles alertent les soeurs du dispensaire et font le lien avec le Service Social...On ne peut que s’incliner devant leur dévouement. L’exemple des soeurs qui vont à domicile force le respect, elles sont de retour vers 20 heures, courant d’escalier en escalier depuis 8 heures du matin et repartent sans un mot de plainte, refaire des piqures là où on les appelle.. ». Déjà chacun le sens bien le nombre des soeurs affectées au dispensaire de Malakoff va devenir problématique. Celles qui partent ne sont plus remplacées. Les effectifs en France des Filles de la Charité de Saint-Vincent de Paul sont au plus bas. Jusqu’à quand le dispensaire Marie-Thérèse pourra-t-il bénéficier de leur dévouement ?

1967

La gestion de l’école commerciale absorbe beaucoup de ressources financières empêchant la mise en oeuvre d’activités sociales. Après sept ans d’activités les soeurs de Saint-Vincent de Paul confient l’école commerciale au nouvel établissement privé de Chatenay-Malabry, l’Ecole Sophie Barat, les discussions pour une reprise par l’Ecole Notre-Dame à Malakoff n’ayant pas abouti. Des locaux devenus libres sont immédiatement utilisés pour agrandir le dispensaire. C’est aussi l’occasion de transformer certains espaces pour la réception du public comme l’agrandissement du hall d’accueil.

1969

Le dispensaire s’équipe d’un matériel important d’électroencéphalographie pour effectuer un examen qui repose sur la mesure de l’activité électrique du cerveau. Il rend possible pour le médecin d’obtenir une orientation diagnostique à propos de certaines affections neurologiques. L’électroencéphalogramme permet aussi au médecin d’étudier certains troubles du sommeil.

Le nouveau Département des Hauts-de-Seine propose une nouvelle convention pour le Centre de Protection Maternelle et Infantile en remplacement de celle qui existait avec l’ancien département de la Seine. Des difficultés surgissent car certaines propositions sont inacceptables pour le Conseil d’Administration de l’Association Marie-Thérèse, en particulier celle qui veut l’alignement des salaires sur ceux des établissements municipaux plus bas, en dessous de ceux du dispensaire Marie-Thérèse. Une solution est finalement trouvée.

En octobre un accord important est signé avec la Préfecture des Hauts-de-Seine qui donne droit au dispensaire de se faire rembourser des soins de consultations radios données aux bénéficiaires de l’assistance médicale gratuite. L’Assistance Publique de la Seine l’avait toujours refusée au Centre Marie-Thérèse. 

Cet accord est précieux pour le financement du dispensaire car le remboursement était assuré par virement au dispensaire des sommes reçues individuellement par les soeurs infirmières, mais les examens couteux, demandant le concours d’un médecin n’étaient pas remboursés comme les radios, le laboratoire ou encore la consultation de spécialistes.

Le patronage accueille toujours une centaine d’enfant le jeudi.

Nouveau coup dur pour la communauté des soeurs de Saint-Vincent de Paul avec le décès de soeur Louise Bievelet figure historique du dispensaire Marie-Thérèse arrivée en 1922 et le départ pour un autre lieu de soeur Autheman. L’équipe des soeurs se réduit peu à peu.

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Sources :

Rapports d’activités du Centre de Santé Marie Thérèse

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CENTRE DE SANTE MARIE-THERESE
Une utilité publique garante de son avenir
Les années 1970-2010

1970

La grande salle d’attente est repeinte. La salle de soins est aménagée, rénovée, modernisée.
Les travaux de la première tranche de rénovation du quartier nord de Malakoff commencent. Le quartier va changer d’aspect et aussi la population. Les personnes âgées des petites maisons vont être remplacées par les jeunes foyers des HLM et les familles nombreuses.
 
1973
La municipalité ouvre au Clos Montholon une annexe du dispensaire Ténine. L’annexe du dispensaire Marie-Thérèse au Clos Montholon, centre de soins et PMI est définitivement fermée.
Le dispensaire fait l’acquisition d’une nouvelle table de radio. Toute l’organisation du service de radiologie va en être modifiée pour le nouvel équipement. La télévision remplace la radioscopie, une machine à développer les films en 90 secondes supprime le développement manuel. De ce fait, les résultats des examens peuvent être remis immédiatement aux patients.
 
La municipalité achète la partie du terrain qui servait autrefois aux patronages pour y construire une école maternelle en préfabriqués.
 
Avec l’argent de la vente, l’Association Marie-Thérèse projette immédiatement la construction d’un nouveau centre de Protection Maternelle et Infantile plus grand et plus fonctionnel. Une demande de permis de construire est déposée. Les plans prévoient également l’agrandissement du dispensaire par la construction d’une aile face à l’ancien bâtiment.
 
1975
En Mai, le nouveau centre de PMI est inauguré. Les anciens locaux servant autrefois à la PMI sont transformés et aménagés permettant l’autonomie de l’orthophonie, la kinésithérapie, la neuro-psychiatrie.
 
Les fonds provenant de la vente du terrain sont épuisés, alors qu’une partie du projet reste irréalisé. Un emprunt est envisagé. Les démarches pour obtenir une garantie départementale sont entreprises. Il faudra attendre de longs mois pour obtenir toutes les autorisations.
 
1976
La deuxième tranche des travaux du dispensaire peut enfin commencer.
 
1977
A la suite du nouveau bâtiment de la PMI, la nouvelle construction est enfin achevée, reliée à l’ancien dispensaire par un couloir bordé de nouvelles salles. Des nouvelles consultations sont alors créées :
- phlébologie
-dermatologie
-cancérologie
 
Une nouvelle organisation administrative est également innovée : un fichier central regroupe les renseignements administratifs de tous les patients y compris ceux visités à domicile.
L’achat d’un fibroscope vient compléter l’équipement de la gastro-entérologie.
Après toutes ces réalisations, il ne reste plus qu’un point noir : le dépistage du cancer.
 
En effet, l’équipe du dispensaire avait prévu l’ouverture d’un Centre de dépistage du cancer. Un médecin spécialiste venant de l’Institut Curie venait apporter son concours, un mamographe est acheté pour dépister les tumeurs du sein, une salle de consultation est réservée à cet usage ainsi qu’une petite salle d’attente et une salle de prélèvements.
Les démarches entreprises auprès de la Préfecture à la Direction des Affaires Sanitaires et Sociales aboutissent àun avis favorable.
 
Pendant ce temps, à la télévision, le Ministre de la Santé promet l’ouverture de nombreux centres de dépistage pour lutter contre cette terrible maladie, le cancer.
Quand la réponse de la Préfecture arrive, aucune convention ne peut être signée avec le dispensaire. Le Ministère de la Santé refuse de prévoir à son budget de telles prises en charges ! Déjà en 1931, le Centre Marie-Thérèse avait reçu une réponse analogue.
 
L’Association Marie-Thérèse, dans l’intéret des patients décide de maintenir une consultation de cancérologie. Mais la Sécurité Sociale ne veut pas prendre en charge les examens de dépistage. Elle oblige le dispensaire à retirer les affiches annonçant l’ouverture du service. Toutes ces mesures condamnent la consultation, ce qui arrive à la fin de l’année
 
1979
Ouverture d’un service de mésothérapie et de médecine du sport
 
Le sort réservé aux Centres de Santé par le gouvernement est tel, qu’un grand nombre parmi eux doit fermer ses portes. Le poids du travail administratif, les tracasseries et les lenteurs concernant les remboursements grèvent lourdement les budgets des centres.
Aucune subvention d’équipement ou de fonctionnement n’est allouée. Cependant, le matériel et les équipements médicaux sont hors de prix, les salaires augmentent ainsi que les charges sociales. Les augmentations de tarif des examens et des soins eux ne croissent pas dans les mêmes proportions.
 
Le 26 janvier une journée de manifestation collective de tous les centres de santé est décrétée. Le dispensaire Marie-Thérèse y participe. Le personnel rejoint tous les centres du Département à la Préfecture de Nanterre pour y déposer les pétitions. Il s’agit d’attirer l’attention des services publics sur les difficultés de gestion des centres.
La population est mobilisée : des tracts d’information, des panneaux explicatifs, des journées « portes ouvertes » sont organisées.
En concertation avec le Centre Municipal de Santé Ténine, le dispensaire Marie-Thérèse distribue 12 000 invitations et recueille 1500 signatures, sans compter les nombreuses lettres de protestation de la population adressées directement à la Mairie de Malakoff.

1983
Ouverture du service d’échographie
 
1987
Ouverture du service doppler
 
1988
Face à la demande croissance de rendez-vous le nombre de consultations est doublées.
 
1990
Ouverture d’un nouveau service pneumologie et examens respiratoires
 
2006
Le Centre Marie-Thérèse est fermé avant sa destruction. Il poursuit ses activités dans des locaux provisoires à l(Hopital Saint-Joseph à Paris.
 
2009
Réouverture en septembre des nouveaux locaux du Centre Marie-Thérèse.

 

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