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L’EDIFICE CULTUREL
Le théâtre 71 : un bâtiment et un concept

Voulu expressément par la municipalité, financé par emprunt sans aide extérieure, conçu comme une oeuvre architecturale et théâtrale d’avant-garde avant même l’Hôtel de Ville, le théâtre 71 de Malakoff impose sa façade en verre sur la place du 11 novembre 1918. Ce bâtiment a été inauguré deux fois car son évolution a suivi les époques ; d’abord en 1971 dans la forme où la polyvalence des nouvelles salles devient la règle, puis en 1992 lors de son remodelage qui marque le retour aux principes anciens des salles de théâtre. Un bâtiment à Malakoff très droitement impliqué et modifié pour être proche du public et de ses attentes culturelles.

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Voulu expressément par la municipalité, financé par emprunt sans aide extérieure, conçu comme une oeuvre architecturale et théâtrale d’avant-garde avant même l’Hôtel de Ville, le théâtre 71 de Malakoff impose sa façade en verre sur la place du 11 novembre 1918. Ce bâtiment a été inauguré deux fois car son évolution a suivi les époques ; d’abord en 1971 dans la forme où la polyvalence des nouvelles salles devient la règle, puis en 1992 lors de son remodelage qui marque le retour aux principes anciens des salles de théâtre. Un bâtiment à Malakoff très droitement impliqué et modifié pour être proche du public et de ses attentes culturelles.

L’histoire du théâtre à Malakoff a pris forme bien avant la construction d’un lieu qui lui soit dédié. En 1965 sont crées des cours d’art dramatiques pour les jeunes de Malakoff animés par Guy Kayat. En 1968 il met en place à la demande de la mairie un festival annuel a dominante théâtrale « Le mai culturel ».Des lieux divers accueilleront ses créations (le théâtre de verdure du Parc Salagnac, le stade Cerdan, l’usine Skaï désaffecté, le marché)...

 C’est alors que Guy Kayat se voit confier par le ministère de la culture une mission de préfiguration destinée a apprécier dans quelles conditions un centre d’animation culturel pourrait être implanté à Malakoff. Les CAC sont alors à la mode et c’est la politique du ministère.

Au vu des résultats de l’enquête de préfiguration menée par Guy Kayat, le ministère de la culture donne son feu vert pour la construction d’un théâtre à Malakoff.

 Le théâtre 71 s’érige dans un centre ville en pleine mutation et devient le plus beau bâtiment de la commune avec sa façade tout en verre affichant dès l’extérieur sa modernité et son prestige. Les surfaces vitrées du bâtiment donnant sur la place du 11 novembre 1918, sont caractéristiques des théâtres construits à cette époque comme ceux d’Aubervilliers, Grenoble, Amiens, Châlons et encore Nanterre.

La construction de cet imposant édifice culturel vient s’inscrire au coeur de la reconstruction du centre ville comme le précise Léo Figuères, le maire dans une note destiné au Préfet. : « La réalisation du Théâtre 71 constitue la première phase de l’opération engagée par notre municipalité tendant à la rénovation du centre-ville, et qui doit comporter en outre l’aménagement d’une bibliothèque-médiathèque dont le chantier est actuellement en cours, ainsi que la construction d’un Hôtel de ville répondant aux besoins d’une ville de près de 40 000 habitants. L’opération prévoit également l’aménagement d’un parking souterrain ainsi que la reconstruction d’un marché couvert et rationnel à l’emplacement des installations vétustes. Ainsi, notre ville s’équipe peu à peu et nous avons voulu que ce Centre de notre ville constitue u n vaste ensemble de réalisations culturelles qui nous faisaient gravement défaut ».

 Polyvalence et nouveau concept scène-public

 Le projet du nouveau théâtre de Malakoff est à l’image du style contestataire de Guy Kayat devenu directeur du théâtre*. Il est conçu comme un lieu à géométrie variable aux dispositifs de plates-formes mécaniques complexes manoeuvré simplement par des palans électriques courant sous les passerelles. Avec ce dispositif, toutes les dispositions de la salle peuvent être modelées, depuis la salle à l’italienne en passant par les dispositions en U ou en L et jusqu’à la répartition en ilots des spectateurs librement éclatés en volume. Un véritable changement du rapport scène-public. Le théâtre 71 est une oeuvre architecturale d’avant-garde et marqué par son temps celui des salles polyvalentes développées grâce à la politique de décentralisation d’André Malraux puis de Jacques Duhamel, qui ont donné aux Maisons de la culture et aux Centres d’Action Culturelle une vocation polyvalente afin de mettre le public en contact avec l’éventail aussi large que possible des divers domaines de la culture.

Guy Kayat ne s’en privera pas pour le bâtiment nouveau et sa future programmation. Pour l’artiste ce concept sera un moyen pour imprimer sa vision contestataire de l’action théâtrale. Il influencera donc le dessin des plans du cabinet Lana Rozen, cabinet généraliste n’étant pas spécialiste de l’architecture théâtrale. Son idée : réaliser une des premières tentatives de redéfinition des espaces destinés au théâtre et casser le rapport traditionnel scène-salle.

Dans son mémoire Louise Devaine* explique ce nouveau concept. La tentative de Guy Kayat « vient prolonger un mouvement critique du théâtre à l’italienne...qui prône l’abolition radicale de cette forme historique et se traduit par la montée du théâtre total ou théâtre transformable. Cette conception mise en oeuvre à Malakoff appréhende le théâtre comme une machine spatiale, elle est liée à un éclatement de l’espace qui permet de multiplier les points de vue, et à une suppression du cadre de scène qui rapproche acteurs et spectateurs, l’emploi de la scène ouverte s’associant à une scénographie malléable à 360°... ». C’est nouveau et Malakoff en est fier.

Une date, un nom, un projet

Ce théâtre est voulu par la ville de Malakoff pour preuve l’effort de financement pour sa construction réalisé entièrement sur le budget communal par un emprunt, sans aide du département ni de l’Etat, construit avant l’Hôtel de ville pourtant attendu depuis des décennies. Seul financeur, la mairie a donc la main sur le projet architectural. C’est le cabinet Lana-Rozen qui est chargé de réaliser les plans, un cabinet largement acquis aux idées mises en oeuvre par la commune.

Serge Lana est un architecte largement influencé par André Lurçat, figure d’un mouvement d’architectes communistes. La municipalité de Malakoff trouve donc en Serge Lana un interlocuteur réceptif à ses recommandations et objectifs pour la construction du premier théâtre de la ville.

1971 correspond à la date d’ouverture du théâtre et de la commémoration historique du centenaire de la commune. L’inauguration est pour la municipalité de Malakoff une occasion de donner une visibilité à sa politique culturelle. Jacques Duclos vient faire un discours d’inauguration. Le journal l’Humanité du 27 avril 1971 donne une place importante à l’évènement et à la longue liste des personnalités présentes.

En consultant la presse communiste de l’époque l’on découvre que la salle de théâtre de Malakoff devient un nouveau modèle à imiter. Ainsi, l’Humanité salue « ses installations ultra modernes », la revue des Lettres Françaises dirigée jusqu’en 1972 par Aragon avec le soutien financier du PCF, en fait un exemple de « salle de spectacle véritable qui constitue un instrument de travail comme on en voit hélas fort peu en France...polyvalente, remarquablement équipée pour permettre la transformation rapide des lieux en fonction des diverses utilisations.. »

Même le Journal de Genève, quotidien d’opinion Suisse, l’élève au rang de modèle en titrant « Pour l’exemple : le théâtre 71 de Malakoff » et appelle l’exécutif de la ville a « mettre en chantier une ou plusieurs salles de spectacles similaires.. »

Le temps de la désillusion et du renouveau

Mais l’architecture « révolutionnaire » du théâtre 71 se révèlera être une désillusion dès 1973. L’architecture mobile s’avère en fait très dure à manier et très coûteuse. Claire-Lise Charbonnier rapporte que « très vite, on s’aperçut que l’énergie nécessaire à la modification de la salle n’était pas compatible avec une gestion bien comprise, aussi bien du point de vue du temps que du point de vue des coûts. A l’usage, cette grande bâtisse, objet de toutes nos aspirations, se révélait vertigineusement fatigante, avec ses multiples volées d’escaliers et ses innombrables circuits ».

En 1990, le théâtre subit un important incendie suite à un incident technique au cours d’une représentation. Après des réparations d’appoint effectuées rapidement, des travaux de rénovations sont engagés d’avril 1991 à février 1992. Ces nouveaux travaux donnent à la direction l’opportunité d’une refonte totale de l’organisation du théâtre, en fait la naissance d’un nouveau bâtiment. La réhabilitation s’effectue avec les mêmes architectes Lana-Rozen qui avaient réalisé les plans de construction. Comme en 1971 ils collaborent avec le nouveau directeur Pierre Ascaride. C’est le retour au gradin frontal de 516 places. On renoue avec les principes de compositions anciens : remise en usage des dessous de scène, retour du mur habité, cadre de scène restauré, création d’un petit espace scénique, tables et chaises en configuration bar sous les gradins...

Le profil du théâtre, remodelé physiquement, se voit aussi modifié juridiquement. Le 16 février 1992, le Théâtre de Malakoff redéfinit comme « scène nationale » est inauguré.

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* Sources : Mémoire de Master 2 d’histoire de Louise Devaine « Le Théâtre 71 ou les paradoxes d’un théâtre de banlieue rouge » (2010). Archives municipales. Service communication du Théâtre 71

* de 1971 à 1973

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